Anthony Toupin connaîtra mardi matin les plaidoiries des deux avocats à son procès pour agression sexuelle.

Un jeune journaliste de Québec accusé d'agression sexuelle

Le Trifluvien Anthony Toupin ne nie pas avoir touché les parties intimes d’une étudiante de 18 ans, mais il prétend qu’elle était consentante. La victime, elle, dit ne plus se souvenir de rien. Elle aurait subi un « black out » et n’a donc pas pu lui donner son consentement.

Celui qui a dit en cour travailler comme journaliste sportif au Journal de Québec, à Québec, est accusé d’agression sexuelle sur une étudiante de première année du Cégep de Jonquière.

Les événements reprochés se sont produits dans la nuit du 23 au 24 août 2018. Il a inséré deux doigts dans le vagin de la jeune femme lors d’un rapprochement.

Dans le cadre de l’initiation d’ATM au cégep, les deux personnes ont participé à une soirée « pre-drink » et ont poursuivi la fête dans un bar. La victime dit avoir bu 5 ou 6 Palm Bay et l’accusé a mentionné avoir consommé la même quantité de bière.

« Durant la soirée, nous avons fumé une cigarette dans un parc », a-t-elle indiqué aux questions de Me Marianne Girard, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Au retour, le duo a croisé un homme assez louche derrière le bar.

« Après ça, tout est devenu flou et je ne me souviens plus de rien. Je me suis réveillée le lendemain dans le lit d’Anthony. J’étais en bobette, pas de brassière et avec un chandail. Lui était complètement nu. Je capotais. Je ne me souvenais de rien et je ne comprenais pas ce que je faisais là », dit celle qui a ensuite abandonné ses études en raison d’un choc post-traumatique et d’une dépression majeure.

Le 24 août, en soirée, elle a remarqué qu’elle saignait et qu’elle avait des ecchymoses aux cuisses.

Rapidement, la jeune femme a confronté Toupin, par messages textes, afin de savoir ce qui s’était passé. Après avoir nié avoir fait quoi que ce soit, l’accusé a fini par avouer qu’il l’avait embrassée et lui avait mis un doigt dans ses parties intimes.

Plus tard avec une amie, elle lui a demandé des comptes, tout en prenant soin d’enregistrer la conversation.

Dans l’extrait présenté au juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, l’accusé a précisé que l’individu louche lui a fait un câlin et est tombé par-dessus elle. Toupin dit aussi que la victime l’a appelé en pleine nuit pour qu’elle puisse se rendre chez lui.

« Ça ne semblait pas aller. Je l’ai couchée dans mon lit, je lui ai remis une couverture. Ça allait mieux ensuite. Je me suis couché dans mon lit et elle pleurait. J’ai essayé de lui changer les idées », décrit-il à son insu.

« Elle a mis une jambe par-dessus moi et s’est collée. Ça m’a excité. Je lui ai demandé de me masturber et elle a dit non. Je l’ai fait moi-même. Ensuite, je lui ai demandé si je pouvais faire des rapprochements sexuels. Elle m’a dit go. J’ai mis deux doigts dans son vagin », a-t-on pu entendre.

Ne nie pas

L’accusé n’a pas nié les gestes. Il les a même confirmés à plusieurs reprises, y allant de précisions sur la durée des attouchements sexuels.

« Ç’a duré cinq minutes. Elle a joui et m’a dit de continuer. Jamais elle ne m’a dit d’arrêter », a mentionné Toupin.

Ce dernier affirme que la jeune femme était consentante. Il a d’ailleurs été surpris de sa réaction au matin lorsqu’elle a parlé de « black-out » et qu’elle n’avait plus aucun souvenir.

Par contre, l’accusé a donné quelques réponses contradictoires entre son interrogatoire policier, les aveux à la victime et lors de son témoignage.

« A-t-elle pleuré trois minutes ou 30 minutes ? Avez-vous juste passé votre doigt près de son vagin, l’avez-vous inséré pendant une ou cinq minutes ? Quelle version dois-je prendre ? », a même interrogé Me Girard.

Toupin a avoué avoir menti dans les messages textes, car il voulait tout avouer en personne à son amie.

Mais encore là, la Couronne a fait valoir qu’il avait fini par tout écrire dans les messages.

« Je ne m’en souvenais pas. Mais mon intention première était de tout lui raconter en personne. Et c’est ce que j’ai fait », a-t-il dit.