Lucie Marcil Roberge a été réveillée dimanche soir par Elliot qui aboyait à la vue de son maître Denis Roberge aux prises avec une crise d’hypoglycémie sévère.

Un homme diabétique sauvé par son chien

Denis Roberge ne serait plus là pour flatter son chien s’il ne lui avait pas sauvé la vie.

Le dimanche soir de Pâques, M. Roberge, qui est atteint de diabète de type 1, regardait la télé dans le salon de sa résidence du quartier Vanier, à Québec, lorsqu’il s’est effondré sur le plancher. 

À ce moment, sa femme, Lucie Marcil Roberge, dormait dans la chambre du couple. Mais vers minuit, elle a été réveillée par son chien, Elliot, 3 ans, qui aboyait au pied du lit. 

Pensant que le doodle anglais voulait sortir dehors, elle a demandé à son mari de lui ouvrir la porte. Mais celui-ci n’a pas répondu. «Je me suis levée, et quand je suis arrivée dans le salon, il était couché à terre en petite boule», raconte-t-elle.

En s’approchant, Lucie Marcil Roberge a constaté qu’il était inconscient et tout en sueur. Et elle a compris que Denis Roberge était en hypoglycémie sévère, un état qui peut entraîner une perte de conscience. 

Mme Marcil Roberge a composé le 9-1-1. Quand les ambulanciers sont arrivés, le taux de sucre dans le sang de Denis Roberge était à un niveau dangereusement bas (0,9 mmol/L). Sur place, les paramédicaux lui ont fait une injection dans la jambe, puis ils l’ont conduit à l’urgence. 

À l’hôpital Saint-François d’Assise, M. Roberge a reçu un autre médicament intraveineux et a graduellement repris ses esprits. 

«Quand j’en ai parlé à l’hôpital, ils m’ont dit : “Remerciez-le, votre chien, parce que c’est lui qui vous a sauvé la vie”», raconte Denis Roberge, 57 ans, qui est assis sur une chaise dans sa cuisine, pendant que le héros poilu est monté sur les genoux de sa femme. 

Lucie Marcil Roberge croit qu’elle aurait retrouvé son mari mort au lever si son chien n’était pas venu la réveiller. «Je suis convaincue qu’il est venu m’avertir qu’il y avait de quoi qui se passait. Ce n’était pas normal, il ne jappe pas comme ça d’habitude.»

Chiens protecteurs

Les récits de chiens qui sauvent leurs maîtres font parfois les manchettes. Et, chaque fois, ils soulèvent des questions sur la capacité des chiens à protéger leurs maîtres. 

Karl Weissenbacher, chercheur au Messerli Research Institute de l’Université de médecine vétérinaire de Vienne, en Autriche, n’était pas étonné par l’histoire de Denis Roberge. 

Selon le spécialiste du comportement canin, même les chiens qui ne sont pas entraînés peuvent contribuer à la sécurité de ceux qui en prennent en soin. 

«Pour cet homme qui s’est affaissé, le chien a sans doute perçu quelque chose de différent, d’étrange. Et il s’est mis à japper pour alerter sa femme», explique M. Weissenbacher. 

Le chercheur n’irait pas jusqu’à dire que les chiens peuvent comprendre que leurs maîtres sont en danger. Mais ils ont un flair très prononcé pour remarquer les changements soudains de comportement des humains qu’ils connaissent bien. 

«Les chiens sont très bons pour nous observer, pour remarquer nos habitudes, dit Karl Weissenbacher. Mais si on sort de cette norme, le chien va s’en rendre compte et il va réagir.»

Dans le cas de M. Roberge, le chien a constaté que son maître ne répondait pas et, d’une certaine façon, il «est allé demander de l’aide» en allant réveiller Mme Marcil Roberge, note M. Weissenbacher.

Assistance canine

Entraînés pour soutenir des personnes handicapées motrices ou aveugles, les chiens d’assistance peuvent aussi améliorer la qualité de vie de ceux qui souffrent de certaines maladies comme le diabète ou l’épilepsie. 

Le chercheur autrichien donne l’exemple d’une jeune femme dans son pays qui a fait une crise d’épilepsie pendant une sortie à l’extérieur. Son chien, qui était entraîné à demander de l’aide, est revenu à la maison tout seul et a aboyé pour avertir les autres membres de sa famille, qui ont alerté les services d’urgence. 

La jeune femme a été secourue juste à temps. «Sinon, elle serait définitivement morte», dit Karl Weissenbacher. 

Plus près de nous, à Montréal, l’attaquant du Canadien Max Domi, qui souffre aussi de diabète de type 1, est accompagné au quotidien par Orion, un labrador entraîné pour renifler l’hypoglycémie chez les personnes diabétiques.

Si le taux de sucre du hockeyeur est trop élevé ou trop bas, son chien passera devant lui, se rangera du côté gauche et mordillera un bringsel, une sorte bâton de mousse que M. Domi porte sur sa hanche.

«Il y a tellement de variables dans ma vie comme diabétique, si je manque de sommeil, si je mange un repas dont je n’ai pas l’habitude, si je mange trop tard ou s’il y a quelque chose de différent, ma glycémie va être problématique», dit le joueur dans une vidéo diffusée sur le site officiel du Canadien. 

Orion veille sur Max Domi. Comme Elliot veille sur Denis Roberge.