L'outil s'adresse au personnel et aux bénévoles d'organismes offrant des services aux personnes âgées.

Un guide pour repérer la maltraitance envers les aînés

TROIS-PISTOLES – Où tracer la ligne pour déterminer qu'une personne âgée est négligée? À qui s'adresser lorsqu'on constate qu'un aîné est victime d'intimidation? Comment reconnaître l'abus psychologique qu'un autre subit? Voilà autant de situations qui ont motivé le secrétariat aux aînés et le CISSS du Bas-Saint-Laurent à produire le «Guide de repérage de situations de maltraitance envers les personnes aînées».

L'outil a été lancé vendredi, lors de la Journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes aînées. Ayant requis une trentaine de rencontres qui se sont échelonnées sur plus d'un an, ce guide est le fruit de travaux concertés d'une centaine de personnes du Bas-Saint-Laurent. Le document est tiré à 4000 exemplaires. Une copie PDF sera éventuellement disponible en ligne. 

Il s'adresse au personnel et aux bénévoles d'organismes offrant des services aux personnes âgées. «Lors des tournées de consultations auprès des personnes impliquées dans les comités locaux travaillant à la prévention de la maltraitance, beaucoup me confiaient hésiter à repérer les situations de maltraitance dont elles étaient témoins, ne sachant pas à qui référer la situation par la suite», raconte la coordonnatrice régionale du dossier de maltraitance envers les aînés du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent. Selon Linda Bérubé, le guide permet de clarifier les actions à entreprendre et d'identifier auprès de quelle instance se tourner.

Celle-ci souligne que, selon les MRC, les personnes de 65 ans et plus représentent de 24 à 33 % de la population du Bas-Saint-Laurent. «On est une des régions parmi les plus vieillissantes, précise Mme Bérubé. On dit que c'est 7 % des personnes de 65 ans et plus qui vivent de la maltraitance. Mais, on est persuadés que c'est plus que ça.»

Depuis l'adoption de la loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés, le 31 mai 2017, la commissaire adjointe aux plaintes et à la qualité des services du CISSS constate une augmentation des dénonciations, sans pour autant disposer de pourcentages. «On a de plus en plus de plaintes depuis l'adoption de la loi, indique Manon Gariépy. Ce qui m'a surprise, c'est que beaucoup de plaignants deviennent les maltraitants. En d'autres mots, on s'aperçoit que l'abuseur devient le plaignant. Les victimes portent peu plainte par peur des représailles parce que souvent, les abuseurs sont des proches.»