Pour le maire de Québec Régis Labeaume, l'œuvre «Briser la glace» propose un «concept audacieux» dans la lignée des cerfs de Cooke-Sasseville, une autre œuvre qui avait polarisé les opinions.

Un «Gros Bill» monumental veillera sur la place Jean-Béliveau à Québec [VIDÉO]

La légende du hockey Jean Béliveau est de retour à sa première maison. Celui qu’on surnommait le «Gros Bill» a maintenant une statue sur la place qui porte son nom, près du Centre Vidéotron.

L’œuvre en aluminium de 28 pieds intitulée «Briser la glace» est située à l’entrée est du Pavillon de la jeunesse. Le célèbre numéro 4 du Canadien a porté les couleurs des Citadelles de Québec de 1949 à 1951, puis des As de Québec de 1951 à 1953. 

Au premier coup d’œil, le monument est énigmatique. Sa forme change selon l’angle d’observation. C’est qu’il s’agit d’une création anamorphique. Le spectateur prend toute l’ampleur du géant du hockey en se tenant debout sur une rondelle de 45 pouces imbriquée au sol. Une façon ludique d’aborder l’histoire du hockey, qui devrait particulièrement plaire aux jeunes.

Mais il semblerait que l’œuvre ne fasse pas l’unanimité. Les critiques sur les réseaux sociaux démontrent que les plus conservateurs en matière d’art auraient aimé une représentation classique de M. Béliveau. Pour le maire de Québec, il s’agit d’un «concept audacieux» dans la lignée des cerfs devant le Centre Vidéotron, autre oeuvre qui avait aussi polarisé les opinions.

L’artiste, Éric Lapointe, prend aussi ces critiques négatives avec un grain de sel. «Je sais que des gens vont dire que c’est donc ben laid. À vous tous, je tiens à dire que je suis heureux que vous trouviez ça laid. Vous serez obligés de venir ici pour en comprendre la laideur et vous verrez les choses d’une autre façon.»

Un hommage senti

André Béliveau a rendu un hommage senti à son légendaire frère. «Jean et la Ville et Québec, c’est une histoire d’amour. Sa carrière professionnelle a véritablement débuté à Québec. Être ici, c’est un naturel et ça fait beaucoup de fierté. Pour la famille Béliveau, les débuts de carrière de Jean, c’est ici. Il est devenu un joueur de hockey», a-t-il dit, entre deux silences, au nom de l’épouse et de la fille de Jean Béliveau, qui ne pouvaient être présentés à l’inauguration.

«Il est parti d’ici en 1953 et c’est comme s’il existait encore. Les gens sont en amour. Ça fait 66 ans qu’il est parti et c’est comme s’il jouait encore ici», a ajouté le frérot, visiblement ému.

Parmi les invités d’honneur se trouvait aussi l’ancien joueur du Canadien, Jean-Guy Talbot, qui est aujourd’hui âgé de 86 ans. Il a joué avec les As de Québec au même moment que Gros Bill et a été défenseur du Canadien de 1954 à 1967.

Cette sculpture est la première d’une série de cinq qui seront installées à la Place Jean-Béliveau. Les quatre autres suivront de 2019 à 2022. Chacune représentera quatre autres périodes du hockey: les Bulldogs, les Remparts, les Nordiques à l’époque de l’Association mondiale de hockey et les Nordiques à l’époque de la Ligue nationale. 

Les frères Stastny seront le sujet de la prochaine sculpture. Chaque œuvre de 200 000 $ est financée en parts égales par la Ville de Québec et la Commission de la capitale nationale de Québec. Elles seront installées sur l’allée du côté sud du pavillon de la Jeunesse.

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