Tom Guilbert de Nicolet a réalisé un exploit peu banal, la fin de semaine dernière, dans l’uniforme des Aigles juniors: deux grands chelems dans les deux plus gros stades de la ligue!
Tom Guilbert de Nicolet a réalisé un exploit peu banal, la fin de semaine dernière, dans l’uniforme des Aigles juniors: deux grands chelems dans les deux plus gros stades de la ligue!

Un grand chelem... pourquoi pas deux?

Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Tom Guilbert a réalisé le rêve de n’importe quel jeune joueur de baseball samedi: procurer la victoire à son équipe grâce à un grand chelem en fin de partie. Le voltigeur des Aigles juniors a récidivé avec une autre claque de quatre buts dès le lendemain, cette fois à Québec, dans une cause perdante cette fois. Deux grands chelems en deux jours, dans les deux plus gros stades de la Ligue de baseball junior élite!

Que ce soit à Trois-Rivières ou à Québec, sortir la balle du stade relève de l’exploit pour les juniors. Le réussir avec trois hommes sur les buts, deux fois en moins de 24 heures, c’est exceptionnel. Surtout pour un joueur qui, auparavant, n’avait jamais claqué la longue balle. Peu importe le niveau ou le terrain!

«Non, je n’avais jamais frappé de circuit tout court avant le week-end», s’étonne lui-même le Nicolétain de 22 ans, qui pointait au troisième rang de la LBJEQ pour la moyenne au bâton (,452) avant les parties de lundi.

«Je ne suis pas considéré comme un joueur de puissance. Je voulais juste avoir un bon contact.»

Explosion de joie

Le premier des deux grands chelems est sans contredit le plus spectaculaire. Les Aigles menaient contre les visiteurs des Voyageurs de Saguenay, au Stade Quillorama, quand ces derniers ont explosé pour trois points en début de septième manche.

Saguenay tentait donc de préserver son avance de 4-2 au dernier tour au bâton des Oiseaux. C’était bien parti, alors qu’il n’y avait aucun coureur sur les sentiers et deux retraits. Puis, le vent a tourné.

«On a rempli les buts. Je suis arrivé au bâton, je n’avais pas droit à l’erreur. Dans ma tête, c’était certain que le lanceur m’enverrait une prise pour éviter la passe gratuite. Je visais une flèche pour au moins égaliser le match. Jamais je n’aurais imaginé la suite!»

Guilbert a expédié le premier tir servi par Eryck Lacoste de l’autre côté de la clôture du champ gauche, au Stade Quillorama, pour confirmer la victoire dramatique des siens, 6-4. La vidéo de son circuit a été vue par plus de 6500 personnes. Les Aigles venaient de balayer le programme double contre Saguenay.

«En contournant le premier coussin, j’ai regardé l’arbitre qui a confirmé que la balle était sortie. Je ne me souviens plus du reste!»

En bon vétéran de 22 ans, Guilbert prend la peine de souligner l’apport de ses coéquipiers. «Raphaël Picard a frappé un coup sûr à l’avant-champ vers le deuxième but. S’il ne court pas, le relais arrive avant lui au premier et le match prend fin.»

Guilbert a offert aux partisans l’un des moments les plus exaltants de la saison 2020. L’entraîneur-chef des Aigles juniors, Rémi Doucet, ne se rappelait pas d’avoir assisté à une telle scène au cours des 15 dernières années.

Le directeur général, René Martin, se souvenait quant à lui du parcours des Aigles de 1984 au Championnat canadien. Faisant face à Équipe Québec, Pat Gervais avait claqué un grand chelem pour la victoire, en demi-finale. Les Trifluviens allaient ensuite s’imposer en finale.

Boucler la boucle à Québec

Les Aigles et Guilbert ont été balayés par les Diamants, dimanche à Québec, mais le voltigeur s’est assuré de terminer sa fin de semaine en beauté, avec sa deuxième claque de quatre buts en l’espace de quelques heures. Une autre bombe dans la gauche pour le frappeur droitier. Et encore avec deux retraits en fin de partie. Cette fois, la remontée n’a pu être complétée.

«On perdait malheureusement par cinq points», explique-t-il, sourire en coin.

L’étudiant en gestion des ressources humaines à l’UQAM joue ses derniers matchs dans le junior élite. Il conclura son stage à la fin de la présente campagne. «Il nous reste cinq parties de saison, en plus des séries. Tout est possible!»

Précieux souvenir

Peu importe le dénouement de cette saison, il s’agira sans doute de sa meilleure dans le junior élite.

Il conservera d’ailleurs un précieux souvenir de son premier circuit à vie: la balle ayant traversé la clôture du Stade Quillorama a été cueillie par René Martin. En retraitant au vestiaire samedi soir, Guilbert a eu la surprise de la trouver dans son soulier!

«Les Voyageurs sont l’une des rares équipes de la ligue à imprimer leur logo sur les balles. Avec la COVID-19, tous les clubs doivent utiliser leurs propres balles. Je suis donc certain à 100% que c’est la mienne!»

Les Aigles joueront à Charlesbourg jeudi, avant de revenir à la maison dès le lendemain, encore face aux Alouettes.