Marcel Ricard en compagnie de son père, Philippe

Un fils endeuillé poursuit le CISSSO

Un fils endeuillé poursuit un cardiologue et l’Hôpital de Hull, les accusant d’avoir causé la mort de son père lors d’une opération à une artère, sans vérifier que ce dernier prenait de l’Aspirine.

Philippe Ricard, 73 ans, est décédé le 24 janvier 2017 à la suite d’une hémorragie survenue pendant une angioplastie coronarienne, une opération visant à élargir l’artère diagonale de son cœur bloquée à 25 %.

Pour Marcel Ricard, le fils du défunt, il s’agit carrément d’un scandale. Selon sa poursuite de 205 000 $ déposée à la Cour supérieure, le Dr Claude Lévesque et l’équipe médicale de l’Hôpital de Hull auraient dû demander et faire les tests requis pour connaître cet état de santé spécifique avant de procéder à la chirurgie.

La famille Ricard, de L’Île-du-Grand-Calumet, s’attendait à une opération relativement simple.

« Quand mon père est allé à l’hôpital, dit son fils Marcel en entrevue au Droit, il m’a dit que cela n’allait pas être très long. Il est rentré le matin et devait me redonner des nouvelles vers 14 h. Mais à cette heure-là, j’ai appris qu’il était mort. »

Aspirine

Le patient aurait perdu beaucoup de sang en peu de temps. « De son vivant, lit-on dans les documents judiciaires, feu Philippe Ricard devait prendre de l’Aspirine, considérant son état cardiaque, soit un médicament anticoagulant (sic) augmentant les risques de saignement ou d’hémorragie lors d’interventions chirurgicales. » 

Le protocole opératoire prévoit qu’un test FSC (formule sanguine complète) doit être effectué, soutient la poursuite. « Il appert du dossier médical et du manque d’information que le médecin a procédé à l’intervention médicale sans faire tous les tests sanguins obligatoires [...] ceci explique pourquoi il n’a pas pu voir que le sang de M. Ricard était trop clair et prévenir sa mort tragique par hémorragie. »

Par ailleurs, d’autres tests servant à évaluer la coagulation auraient dû être faits au moins un mois avant l’opération, allègue la poursuite. « Mais ils sont absents », lit-on dans le même document.

« Non seulement la partie défenderesse n’a pas procédé aux tests nécessaires, mais n’en a pas réalisé l’absence à la face même du dossier », précise l’avocate de la famille, Me Laura Ann Weir.

Dommages

Marcel Ricard réclame 100 000 $ en dommages non pécuniaires, 100 000 $ en dommages-intérêts punitifs et 5 000 $ en frais divers. Son père était aussi son meilleur ami et son compagnon de chasse. Le septuagénaire avait encore de belles années devant lui, selon sa famille. Cet « homme heureux et profondément aimé » pouvait marcher « de deux à trois milles par jour », lit-on dans la poursuite.
« J’ai perdu un gros morceau de ma vie », déplore Marcel Ricard.

Le CISSSO n’a pas commenté le dossier.