Un « ami » virtuel de Mathis a profité de la naïveté de l’enfant de huit ans pour prendre le contrôle de sa console Playstation 4, pendant une séance du populaire jeu Fortnite, avant de multiplier les achats en ligne.

Un enfant fraudé de 7000$ en jouant à Fortnite

Lise Ferland a eu une très mauvaise surprise en consultant le solde de sa carte de crédit. Un montant total de 7270 $ y avait été débité sans qu’elle ne fasse la moindre transaction. C’est plutôt un « ami » virtuel de son fils Mathis, qui a profité de la naïveté de l’enfant pour prendre le contrôle de sa console Playstation 4, pendant une séance du populaire jeu Fortnite, avant de multiplier les achats en ligne.

« Le jeudi, j’ai vidé ma carte VISA. Le lundi, j’arrive pour payer et c’est refusé. Je regarde mon compte de carte et je vois des transactions de PS4 qui descendent à l’infini. Je me suis dit que ça ne se pouvait pas que ce soit mon fils qui ait fait ça », raconte la mère de famille de Saint-Joachim-de-Shefford.

Mathis, 8 ans, jouait en réseau quand son « ami » lui a demandé de lui laisser le contrôle de sa PS4 afin d’accéder à certains accessoires qui l’intéressaient.

« Il y a un bouton qui permet de donner la manette à un ami. Mon fils n’a pas vu de mal là-dedans, dit Lise. Moi, je suis crédule, j’aurais probablement fait la même chose. »

En même temps, Mathis devait aller souper. Il a donc laissé sa console en veille, le temps de son repas. « Pendant ce temps, la personne pouvait faire tout ce qu’elle voulait », indique Lise.

Cette dernière avait déjà donné le numéro de sa carte de crédit à son fils. « Sauf que Mathis a mémorisé [le numéro de] la carte de crédit dans sa console. Ça ne me dérangeait pas parce qu’il me demande toujours avant d’acheter quelque chose », avance-t-elle en soulignant qu’elle ne savait pas qu’il était possible de mettre un mot de passe pour sécuriser les achats sur le compte.

« C’est mon erreur. Je ne pensais pas aux autres enfants, je pensais juste au mien », poursuit-elle.

« Argent virtuel »

À la suite de ces nombreuses transactions, le joueur mal intentionné a bloqué Mathis de ses « amis ».

Lise a rapidement fait appel à sa communauté Facebook pour retracer l’identité de l’individu. Pour le moment, elle sait simplement qu’il s’agirait d’un jeune garçon âgé entre 8 et 11 ans.

L’importante somme a été dépensée pour acheter des V-Bucks, de « l’argent virtuel » qui peut seulement être utilisé dans le jeu Fortnite.

« Ça permet d’acheter des armes, des accessoires et des territoires », explique Lise.

Lise Ferland a eu une très mauvaise surprise en consultant le solde de sa carte de crédit. Un montant total de 7270 $ y avait été débité sans qu’elle ne fasse la moindre transaction.

« L’autre jeune a juste voulu mettre le trouble », poursuit-elle. Il n’aurait d’ailleurs plus accès à tous les achats qu’il a faits puisqu’ils sont demeurés sur le compte de Mathis.

« Pour un enfant de 8 ans, c’est toute une leçon de vie de voir que tu ne peux pas faire confiance à tout le monde. Mon petit homme en a pleuré une shot [...] il ne comprend pas la valeur de l’argent. »

Recours

Lise a contacté VISA Desjardins pour expliquer l’incident et bloquer sa carte, « mais elle était déjà bloquée parce que ma limite est de 5900 $ », ajoute-t-elle.

Elle a alors questionné la personne au bout du fil à savoir pourquoi un montant plus élevé que la limite avait été autorisé.

« Vous avez un bon dossier de crédit », lui a-t-on répondu. VISA Desjardins n’aurait pas été alarmé puisque ce sont de petits montants qui ont été chargés par tranche de 30 $ et 145 $.

On lui a tout de même offert un dédommagement de 1000 $, mais sans plus. « Je vais me battre avec VISA », assure Lise.

Cette dernière s’est également tournée vers l’Office de la protection du consommateur (OPC) qui ne peut rien faire pour elle. « C’est d’un individu à un individu et il n’y a pas de loi qui régit ça », explique-t-elle.

Charles Tanguay, le porte-parole de l’OPC mentionne que la première démarche serait de tenter de contester la transaction auprès de l’émetteur de la carte de crédit.

« Si la consommatrice n’obtient pas le remboursement de l’émetteur, elle devrait communiquer avec l’Office, qui verra, en fonction des détails de la situation, à bien renseigner la consommatrice sur les recours prévus par la loi, a-t-il répondu. En principe, la Loi sur la protection du consommateur prévoit que la responsabilité d’un consommateur pour une utilisation non autorisée de sa carte de crédit est limitée à 50 $. »

De son côté, le Centre anti-fraude du Canada a collecté l’information et l’a transmise à des enquêteurs privés. La mère compte sur l’aide de Play Station Network pour prouver que l’individu mal intentionné a bel et bien pris le contrôle de la console de son fils. Finalement, elle a entamé des démarches auprès de la police et songe à porter plainte.

Aurélie Guindon, de la Sûreté du Québec de l’Estrie, précise que des policiers spécialisés en crime informatique peuvent aider à faire la lumière sur les fraudes virtuelles.

Cela fait presque deux semaines que la Joachimienne est sur ce cas, tentant de collecter de l’information auprès de son entourage qui aurait pu être floué de la même façon. Elle souhaite lancer un appel à la prudence à la population sur cette leçon qui risque de lui coûter très cher.

« Si ça peut faire réagir du monde et éviter d’autres gens de se faire avoir, tant mieux », a-t-elle terminé.