Une quarantaine de chiens sont morts dans l’incendie d’un chenil à Sainte-Clotilde-de-Horton.

Un élevage canin décimé dans un incendie

SAINTE-CLOTILDE-DE-HORTON — Un élevage canin a été décimé, mardi soir, dans un incendie qui a complètement détruit une résidence située sur le rang de la Rivière-de-l’Est à Sainte-Clotilde-de-Horton au Centre-du-Québec.

Au total, une quarantaine de chiens de races bouledogue français et anglais ont péri dans les flammes. Selon Frédérick Marcotte, directeur du Service des incendies regroupant les localités de Sainte-Clotilde-de-Horton, Notre-Dame-du-Bon-Conseil et Saint-Léonard-d’Aston, la totalité de la résidence située en face de l’édifice désaffecté connu comme l’«asile» était embrasée lorsque les pompiers sont arrivés sur les lieux vers 20 h 30. La façade était notamment déjà effondrée. Les pompiers ont donc rapidement adopté une stratégie défensive et ont consacré leurs efforts afin de limiter le plus possible la propagation des flammes. Une trentaine de pompiers, dont certains membres du Service de Saint-Cyrille-de-Wendover appelés en renfort, ont été à pied d’oeuvre pendant l’opération qui a duré environ trois heures et qui s’est conclue par la démolition du reste de la construction à l’aide d’une pelle mécanique. Il ne restait d’ailleurs que des ruines encore fumantes lors de la visite du Nouvelliste mercredi matin. Par contre, le garage adjacent à la résidence était encore debout et semblait avoir été épargné par l’élément destructeur.

Toujours selon M. Marcotte, l’extinction des flammes a été difficile en raison du froid. Et comme la borne-fontaine la plus près se trouvait à quatre kilomètres, des camions-citernes ont été utilisés afin d’approvisionner les pompiers en eau.

Selon les premières constatations, il est peu probable que le brasier ait été allumé par une main criminelle. La Sûreté du Québec, qui a été appelée en assistance sur les lieux, n’a pas ouvert d’enquête. Par contre, il est encore trop tôt pour s’avancer sur la cause.

Le propriétaire de l’Élevage Petits Lutins, Roger Thivierge, confie que sa conjointe et lui ont tout perdu dans cet incendie. Notons que le couple est également propriétaire de l’«asile» et des terrains l’entourant, et ce, depuis 2009. Rappelons que l’ancien hôpital pour personnes atteintes de maladie mentale construit en 1939 et qui a été lourdement endommagé par un incendie en janvier 1988, dans lequel huit patients ont perdu la vie, est considéré comme hanté par plusieurs personnes s’intéressant aux phénomènes paranormaux. Par ailleurs, les propriétaires ont été forcés de barricader l’endroit afin d’en restreindre l’accès en raison d’une ordonnance de la cour émise en octobre 2017. Le vétuste édifice, qui était régulièrement visité par des personnes sous la supervision de M. Thivierge et sa compagne de vie, avait été jugé dangereux par un magistrat. Depuis, l’édifice a été mis en vente et il a été le théâtre de méfaits, d’introduction par effraction et de débuts d’incendie.

«Nous étions partis à Drummondville pour faire des courses. En revenant, on voyait une colonne de fumée et des flammes. On pensait que c’était peut-être à l’asile. Mais on a eu toute une surprise quand on a vu que c’était la maison», raconte-t-il.

M. Thivierge indique que les chiens se trouvaient au sous-sol lorsque les flammes ont fait leur apparition car les enclos ne sont pas chauffés. Il ajoute que sa conjointe s’adonne à l’élevage des chiens depuis une trentaine d’années. Comble de malheur, le couple n’était pas assuré.

«Nous étions assurés avant, mais quand la compagnie a su que nous avions autant de chiens, elle n’a pas renouvelé la police. Et nous n’avons pas trouvé d’autre compagnie [prête à nous assurer]», mentionne-t-il sur un ton résigné.

Même si les autorités semblent vouloir écarter la thèse de l’incendie criminel, M. Thivierge se dit tout de même sceptique relativement à la cause de ce drame, notamment en raison des attaques dont il a fait l’objet dans le passé.