Caroline Gauthier et son compagnon de jeu Bernard Belley ont épaté l’assistance, avec une demande en mariage construite de A à Z.

Un doigt d'honneur au cancer avec l'impro

La Ligue d’improvisation du Saguenay et des environs (LISE) et son invitée spéciale Caroline Gauthier ont fait un gros doigt d’honneur au cancer, mercredi soir. Atteinte d’un cancer du sein métastatique de stade 4, la jeune femme de Matane était de passage dans la région, où sa tournée Fuck le cancer, j’fais d’l’impro s’arrêtait à la Tour à bière de Chicoutimi. Et malgré les mauvaises nouvelles reçues la semaine dernière et les traitements de chimiothérapie qui l’attendent encore, Caroline Gauthier a mis de côté la maladie, le temps d’une soirée.

La Gaspésienne a eu l’idée de lancer cette tournée en décembre dernier. Victime d’un premier cancer à l’âge de 26 ans, on lui a diagnostiqué une récidive en juillet dernier. « J’ai eu un break entre 2013 et 2017. En décembre, je me suis fait une “bucket list” et l’impro en faisait partie. J’en fais depuis 10 ans, mais je me suis dit que ce serait le fun de partir rendre visite à mes amis improvisateurs partout au Québec. C’est la première fois que je mets les pieds au Saguenay ! Je suis vraiment contente de voir que des gens de partout ont embarqué. Ça me donne tellement de l’énergie », raconte Caroline Gauthier. Après Chicoutimi mercredi, elle était à Baie-Comeau jeudi soir. Après s’être reposée un peu, la tournée s’arrêtera dimanche et lundi à Québec. Puis elle retournera dans son Matane natal, puisque de nouveaux traitements l’attendent la semaine prochaine. Après avoir subi l’ablation des ovaires puisqu’elle souffre d’une forme de cancer hormonal, la jeune trentenaire a appris la semaine dernière que sa maladie s’était étendue aux poumons, aux ganglions, puis aux os. « Les traitements ne sont plus curatifs, mais ils visent plutôt à arrêter la progression du cancer. Le problème, c’est que ça progresse quand même. Je vais voir comment je réagis aux traitements. Je vis ça une étape à la fois », laisse tomber Caroline Gauthier. 

Atteinte d’un cancer métastatique de stade 4, la Gaspésienne Caroline Gauthier était présente à Chicoutimi, où elle a participé à un match d’impro de la LISE.

L’impro, son moteur contre la maladie

Lorsqu’on lui demande ce qui l’aide à avancer, elle répond sans hésitation. L’impro. 

« Je pense que si je n’avais pas eu l’impro lors de mon premier cancer, je ne m’en serais pas sortie. Quand je fais de l’impro, je ne suis pas malade ! », lance celle qui était tout de même un peu nerveuse de jouer en sol saguenéen pour la première fois. Mais il faut dire que les membres de la LISE l’ont accueillie comme il se doit, la mettant à l’aise aussitôt qu’elle a sauté sur la patinoire. 

La soirée n’était toutefois pas fidèle à ce que les amateurs sont habitués, puisqu’il s’agissait d’une formule cabaret. Les numéros se succédaient sans qu’il n’y ait d’équipe, de pénalité ou de pointage. Elle a eu à passer une audition pour le prochain film de Fifty Shades of Grey et bâtir une histoire où chacune des phrases devait commencer par les lettres de l’alphabet, en ordre. Elle et son compagnon de jeu Bernard Belley ont d’ailleurs épaté la galerie, en livrant une demande en mariage de A à Z. 

Bernard Belley, qui est l’un des maîtres d’œuvre de la LISE, était ravi de recevoir Caroline Gauthier, mercredi soir. 

« L’impro, c’est un petit milieu au Québec. On se connaît tous un peu et j’avais des amis communs avec Caroline. Lorsque j’ai entendu parler de son histoire et de sa tournée, j’ai eu le goût qu’on fasse un petit quelque chose. C’est vraiment le fun comme soirée spéciale et l’impro permet à tout le monde de s’évader et si on peut lui donner de l’énergie, c’est génial. On est tous touchés par ce qu’elle vit », a affirmé Bernard Belley, aussitôt appuyé par Caroline Gauthier. « C’est vraiment énergisant. Quand je commence à jouer, j’oublie tout et c’est ce dont j’ai besoin », ajoute-t-elle. Visiblement, la soirée était attendue, puisque la salle était comble. 

Après quatre soirées intensives et bien de la route, l’improvisatrice devra toutefois prendre un moment de repos, santé et traitements obligent. Elle compte toutefois reprendre sa tournée lorsque son corps le lui permettra.