Le secteur des Jardins-Fleuris est le deuxième secteur de Sherbrooke à se trouver sous haute surveillance, après le quartier d’Ascot où l’on retrouve maintenant 66 personnes positives à la COVID-19, soit trois de plus que la veille.
Le secteur des Jardins-Fleuris est le deuxième secteur de Sherbrooke à se trouver sous haute surveillance, après le quartier d’Ascot où l’on retrouve maintenant 66 personnes positives à la COVID-19, soit trois de plus que la veille.

Un deuxième quartier de Sherbrooke sous haute surveillance

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Le secteur des Jardins-Fleuris dans l’Est de Sherbrooke se trouve maintenant sous la loupe de la Santé publique alors que 12 résidents du secteur ont été testés positifs à la COVID-19 au cours des derniers jours.

C’est le deuxième secteur de Sherbrooke à se trouver sous surveillance, après le quartier d’Ascot où l’on retrouve maintenant 66 personnes positives à la COVID-19.

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Le secteur des Jardins-Fleuris se trouve dans le district des Quatre-Saisons, non loin du centre commercial qui porte ce nom, dans l’Est de Sherbrooke.

« Ça faisait quelques jours qu’on voyait de plus en plus de personnes du secteur des Jardins-Fleuris être positives à la COVID-19, et ces personnes semblaient avoir des liens d’amitié avec des personnes provenant d’Ascot, l’autre quartier que nous avons sous surveillance », indique le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie.

« Là non plus, comme à Ascot, les cas ne proviennent pas tous d’un même événement ou d’une même famille, mais on constate beaucoup de liens d’amitiés », ajoute-t-il.

Jeudi, de nombreux acteurs de terrain ont entrepris de rencontrer les gens du quartier des Jardins-Fleuris pour les informer de ce qui se passe dans leur quartier. « Ce n’est pas un copier-coller de ce qu’on a fait à Ascot, mais ça s’en approche », indique le Dr Poirier.

La Santé publique a travaillé avec tous ses partenaires dans le quartier d’Ascot afin de mettre en place une action concertée pour rejoindre la population du secteur. Les organisateurs communautaires, les intervenants scolaires et des centres de la petite enfance, les travailleurs des organismes communautaires et ceux de la Ville de Sherbrooke ont tous travaillé ensemble à délivrer le même message à la population du quartier.

« En tout, près de 25 actions ont été mises en place dans le secteur d’Ascot », souligne le directeur de la Santé publique de l’Estrie.

Ce nouvel agrégat dans le quartier des Jardins-Fleuris  s’ajoute donc à celui d’Ascot ainsi qu’aux éclosions en cours à l’école des Sommets de Saint-Sébastien (moins de cinq cas, stable), à l’école primaire des Quatre-Vents (cinq ans, stable), le CPE Les amis du globe (cinq cas, stable), chez BRP de Valcourt (13 cas, stable), au Centre Saint-Michel (moins de cinq cas, stable), au CHSLD d’Youville (deux cas, stable) et celle au CHSLD de Lambton (17 cas, dont un nouveau qui s’est ajouté jeudi).

Le Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke a aussi confirmé « moins de cinq cas » à l’école primaire Cœur-Immaculée et « moins de cinq cas » à l’école secondaire internationale du Phare.

Au total, le bilan de l’Estrie s’est alourdi de 14 cas jeudi. De ce nombre, 6 personnes habitent Sherbrooke, 5  dans le RLS du Granit, 1 dans le RLS du Haut-Saint-François et 2 dans le RLS de la Haute-Yamaska.

Le nombre de personnes hospitalisées est passé de trois à quatre, dont une personne se trouve présentement aux soins intensifs.

Des actions plus pointues en santé publique

En mêlée de presse jeudi midi, le premier ministre François Legault a estimé que le Québec « s’approche d’un seuil qui est peut-être critique » dans sa lutte contre le coronavirus avec une hausse de 187 cas supplémentaires de COVID-19 en 24 heures.

« Il y a depuis deux semaines une augmentation du nombre de cas, et c’est pourquoi j’ai fait une sortie publique lundi. On doit être prudents. C’est vrai qu’il  a un nombre de cas importants dans la Capitale-Nationale, il y a un nombre important en Estrie, et dans le grand Montréal », a mentionné François Legault.

Au cours deux dernières semaines, l’Estrie a connu une hausse de 168 cas, dont 116 seulement à Sherbrooke où plusieurs éclosions sont en cours, ainsi que 16 cas dans la région du Granit aux prises avec une éclosion au CHSLD de Lambton.

La premier ministre François Legault a expliqué jeudi que, si la situation devait empirer, son gouvernement pourrait procéder à un reconfinement par région, voire par sous-région.

« Pour nous les directeurs de santé publique, ça veut plutôt dire que nous allons faire des actions pointues, en concentrant nos efforts dans certains secteurs, selon l’évolution de la pandémie. Par exemple, ici en Estrie, on voit avec les agrégats d’Ascot et des Jardins-Fleuris que nous avons certaines communautés tissées serrées, alors nous irons sur le terrain pour travailler avec ces communautés », insiste-t-il.

On ne verra donc pas des barrages policiers sur l’autoroute 10 pour bloquer l’accès et la sortie de l’Estrie, si la situation venait à empirer. « On ne l’a pas fait en Estrie au printemps, pas plus qu’on a confiné Montréal. Si ça empire, ça veut dire qu’en Santé publique, il faudra faire des choix préventifs, mais jamais des choix curatifs. Une de nos priorités, par exemple, sera de protéger nos aînés », explique le Dr Poirier.

Rappelons en terminant qu’un agrégat est un regroupement inhabituel de cas d'une même maladie dans une population, pour une zone géographique et une période de temps donnée.

Une éclosion signifie au moins deux cas confirmés, en moins de 14 jours, ne pouvant être expliqués par un lien en dehors du milieu, comme deux cas dans une même famille par exemple. Une éclosion signifie que la Direction de santé publique a identifié une transmission de COVID-19 dans le milieu.