Entre 100 et 150 véhicules ont été impliqués dans un carambolage sur l'autoroute 40 ouest, près de l'Assomption, dimanche matin.

Un coroner scandalisé par le dernier carambolage sur l'autoroute 40

MONTRÉAL — L'avocat René Duval est scandalisé que les décès d'un père et de sa fille, en 2006, n'aient servi à rien alors qu'un nouveau carambolage monstre a eu lieu au même endroit sur l'autoroute 40, dimanche matin.

Dans une recommandation formulée en novembre 2007, alors qu'il était coroner, Me Duval suggérait au ministère des Transports de planter des arbres du côté nord de l'autoroute 40 à l'endroit exact où a eu lieu l'accident impliquant environ 70 véhicules et causant des blessures à 28 personnes.

En février 2006, un homme de 41 ans et sa fille de neuf ans ont perdu la vie à la hauteur du kilomètre 116 de l'autoroute 40, à L'Assomption.

Selon le rapport du coroner Duval, «l'apparition d'un voile blanc» aurait entraîné une «visibilité soudainement nulle» en raison de l'absence d'arbres sur un tronçon d'environ 500 mètres.

Dans ce carambolage survenu il y a près de 13 ans, 77 véhicules avaient été impliqués.

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Pour éviter qu'un tel événement ne se reproduise, Me Duval recommandait l'ajout d'arbres du côté nord de l'autoroute 40, entre les kilomètres 116 et 115,5. Il décrivait le rôle de cette barrière naturelle comme un «pare-vent».

Dans son rapport, le coroner écrivait : «Tout porte à croire que l'absence d'arbres pour réduire l'intensité des bourrasques est la cause de la visibilité soudainement nulle à l'endroit du carambolage».

Plus d'une décennie plus tard, entre 100 et 150 véhicules ont dû s'immobiliser sur l'autoroute en raison de l'accident qui n'a heureusement pas fait de mort.

«Ce qui me scandalise, c'est qu'il y a une famille qui a été décimée en 2006. On parle d'un père et de sa fille qui se rendaient à un événement familial. C'est comme si le décès de ces deux personnes n'a pas d'importance parce qu'on n'a rien fait!» a dénoncé Me Duval en entrevue téléphonique.

D'après ce qu'il a pu entendre des témoins de l'accident de dimanche, l'avocat est convaincu que le même phénomène s'est reproduit. «De manière imprévisible et soudaine vous n'y voyez plus rien. Comme si soudainement un rideau opaque tombait devant vous», décrit-il.

Me Duval était bien au fait que le ministère des Transports n'avait pas suivi sa recommandation puisqu'il emprunte lui-même ce tronçon de l'autoroute 40 Ouest.

«J'avais proposé qu'on plante des arbres parce que c'est la solution pratique la moins coûteuse. Les arbres ont l'effet de ralentir la vitesse des vents et de créer une certaine barrière à la neige», soutient-il.

À son avis, il est temps que le gouvernement modifie la Loi sur la recherche des causes et des circonstances de décès afin de rendre obligatoires les recommandations formulées par le Bureau du coroner.

«Il faudrait instaurer un mécanisme qui force les personnes visées par des recommandations à informer le Bureau du coroner que des mesures ont été prises dans les six mois suivants pour que l'événement ne se reproduise plus», demande-t-il.

Le MTQ se défend

Contrairement à ce qu'affirme Me Duval, Transports Québec dit avoir appliqué la recommandation d'une barrière d'arbres en 2009.

«La recommandation a été suivie, il y a eu une plantation d'arbres et d'arbustes en bordure de l'autoroute», a répondu Martin Girard, porte-parole de Transports Québec, à La Presse canadienne.

Les images de la scène d'accident montrent toutefois que la route est toujours complètement ouverte sur les champs du côté nord.

Selon M. Girard, l'accident survenu dans la matinée du 27 janvier se serait produit quelques centaines de mètres plus loin que celui de 2006.

«Il y a un tronçon de 11 kilomètres sur l'autoroute 40, situé entre Joliette et L'Assomption, où le ministère va évaluer la situation pour voir les mesures qui peuvent être apportées en matière de sécurité routière», a annoncé le porte-parole.