Illustrations d'«Ichthyornis dispar»

Un cerveau d’oiseau, mais des dents de dinosaures

PARIS - Il ressemble à une mouette, mais avec les dents en plus: des «Ichthyornis dispar» vieux d’environ 100 millions d’années permettent d’en savoir un peu plus sur l’apparition des oiseaux dans l’arbre de l’évolution des dinosaures.

Des chercheurs ont étudié des fossiles de ces oiseaux marins d’environ 60 centimètres qui vivaient en Amérique du Nord au crétacé supérieur et reconstitué le crâne de l’oiseau en 3D.

Pour Bhart-Anjan Bhullar, de l’université de Yale, le plus incroyable a été de découvrir à quoi ressemblait «un bec d’oiseau tel qu’il est apparu pour la première fois dans la nature».

Outre le fait qu’il contenait une mâchoire et des dents, «ce premier bec» se terminait par une pince recouverte de corne.

«A son origine, le bec était un outil saisissant de précision et servait de main de substitut alors que celles de l’animal se transformaient en ailes», explique le chercheur dans un communiqué de l’université de Yale.

Ce n’est plus un secret, les oiseaux sont des dinosaures, un groupe de dinosaures au même titre que les tyrannosaures. Mais quand et comment ils sont apparus dans l’arbre généalogique des dinosaures restent encore largement débattus.

L’Ichthyornis dispar présente des allures d’oiseau moderne (il ressemble un peu à une mouette), mais possède de nombreuses caractéristiques ancestrales, comme des dents acérées et courbées.

Cette double affiliation en fait un beau cas d’étude, situé quelque part entre les dinosaures carnivores bien incapables de voler et les oiseaux d’aujourd’hui.

Selon l’étude parue mercredi dans la revue Nature, la tête de l’oiseau reconstitué en 3D présente un cerveau proche de celui des oiseaux modernes, mais un bec «de transition» et des muscles de la mâchoire dignes de ceux des dinosaures.

Cela indique que dans l’évolution des oiseaux, «le cerveau s’est transformé en premier tandis que le reste du crâne est resté plus primitif, ressemblant aux dinosaures», selon l’étude parue mercredi dans la revue Nature.