«C’est un grand soulagement. Le fait qu’on passe sous l’île d’Orléans, à la pointe de Sainte-Pétronille ça enlève beaucoup d’inquiétudes aux gens de l’île», a réagi le maire de Sainte-Pétronille et préfet de la MRC de l’Île d’Orléans, Harold Noël.

Troisième lien: «un grand soulagement» à l’île d’Orléans

Le préfet de la MRC de l’île d’Orléans, Harold Noël, affichait un grand sourire, jeudi matin. Le gouvernement Legault préservera l’ile d’Orléans en faisant passer le troisième lien via un tunnel sous la pointe de Sainte-Pétronille. La construction d’un nouveau pont d’ici 2027 a également été confirmée.

Les citoyens de l’île d’Orléans étaient très inquiets ces derniers mois. Beaucoup craignaient que le troisième lien traverse l’Île et dénature complètement la tranquillité des lieux et la vocation agricole.

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«C’est un grand soulagement. Le fait qu’on passe sous l’île d’Orléans, à la pointe de Sainte-Pétronille ça enlève beaucoup d’inquiétudes aux gens de l’île», a réagi le maire de Sainte-Pétronille et préfet de la MRC de l’Île d’Orléans, Harold Noël, qui était présent à la conférence de presse du ministre des Transports, François Bonnardel.

Le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de l’ile d’Orléans, François Blouin, s’est dit également très heureux de la nouvelle. «Un troisième lien qui serait passé sur l’Île aurait été catastrophique pour les terres agricoles», a-t-il confié.

Un nouveau pont pour 2027

Maintenant que cette question est réglée, la priorité pour les gens de l’île d’Orléans sera le nouveau pont à haubans. M. Bonnardel a confirmé, jeudi,  que son gouvernement livrera le pont d’ici 2027 et même avant si c’est possible. 

«On a des garanties sur la construction du pont, maximum en 2027 avec des intentions de raccourcir le délai. C’est ce qui nous satisfait le plus», a indiqué M. Noël. 

Selon le préfet de la MRC, le scénario privilégié est celui du tracé original proposé par l’ancien gouvernement libéral avec une entrée au même endroit qu’actuellement. 

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TROISIÈME LIEN: LES OPPOSANTS PEU RASSURÉS 

Quel que soit le tracé choisi à l’est pour un troisième lien, les impacts seront négatifs, voire dévastateurs, selon les opposants. 

S’il n’est pas contre l’idée d’un éventuel troisième lien, le président de l’Unions des producteurs agricoles (UPA) de Chaudière-Appalaches, James Allen, voit d’un très mauvais oeil le tracé privilégié qui arriverait directement dans des terres cultivées par les producteurs de la Rive-Sud. «Ce n’est pas la place où il y aura le moins d’impact pour les zones agricoles. On ne parle pas d’un boisé, il y aurait une perte des terres cultivées», affirme-t-il. 

Selon M. Allen, un troisième lien devra obligatoirement limiter l’étalement urbain et protéger les terres agricoles. «Ça nous prend de bonnes terres si on veut nourrir correctement les gens», plaide-t-il.

Même son de cloche du côté de Québec Solidaire, la députée de Taschereau a réitéré son opposition à un troisième lien. Pour Catherine Dorion, «les désavantages demeurent. Il fera croître l’étalement urbain, le dézonage de terres agricoles, le trafic et les gaz à effet de serre», a-t-elle fait valoir par communiqué de presse. Elle se demande également «à qui profite réellement la construction d’un troisième lien».

«Scrapper Saint-Roch»

Le ministre des Transports, François Bonnardal a également évoqué la possibilité d’un troisième lien qui relierait les deux centres-villes de Québec et Lévis. 

Une hérésie pour le directeur général et vice-président exécutif du Centre régional de l’environnement, Alexandre Turgeon. «D’un point de vue de l’intégration en milieu urbain, ça n’a pas de bon sens. On a déjà de la misère à faire sortir le tunnel du tramway dans Saint-Roch, imaginez un lien autoroutier, autant dire qu’on scrappe Saint-Roch», a-t-il dénoncé. 

M. Turgeon espère qu’une fois que le gouvernement aura les chiffres de l’étude prendra la décision d’abandonner la construction d’un troisième lien à l’est. «Je pense que la réalité va rattraper le gouvernement et qu’un jour ils vont être raisonnables et que des ministres vont dire que ça n’a pas de bon sens, on ne peut pas faire ça.» 

Les coûts non dévoilés 

Malgré les nombreuses questions des journalistes, il n’a pas été possible de savoir combien allait couter ce tunnel, ce qui a fait bondir le porte-parole en matière de transport du parti libéral du Québec, Gaétan Barrette. 

«Quand on annonce un tracé, c’est parce qu’on sait combien ça va couter, combien il va avoir de voies, des autobus ou pas. Aujourd’hui, c’était juste une opération de relations publiques», a-t-il pesté.

M. Barrette n’a pas voulu dire s’il était en accord avec le tracé proposé, mais pour lui, la construction d’un troisième lien doit être conditionnée par le coût en rappelant que le pont Champlain a couté 4,5 milliards $. Céline Fabriès

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LES CONSERVATEURS APPUIENT LE TROSIÈME LIEN

Les députés conservateurs Pierre Paul-Hus, Charlesbourg-Haute-Sainte-Charles, et Alupa Clarke, Beauport-Limoilou, étaient présents jeudi à l’annonce du ministre Bonnardel. Ils sont en faveur du projet tel qu’il est présenté. «Depuis deux ans, notre chef Andrew Scheer, s’est prononcé pour être partenaire pour un troisième lien à Québec. C’est clair qu’un gouvernement conservateur va être en appui au gouvernement du Québec pour son élaboration», a laissé savoir M. Paul-Hus. «Comme le dit M. Bonnardel, c’est une question de vision de développement économique à long terme, pour les 100 prochaines années», ajoute son collègue Alupa Clarke. Les deux hommes laissaient planer la possibilité d’une participation financière d’Ottawa advenant l’élection d’un gouvernement conservateur à l’automne. Mais ils ne pouvaient statuer sur la hauteur de la contribution. Jean-François Néron

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UN GOUVERNEMENT CONSERVATEUR FINANCERAIT LE TRAMWAY

Plusieurs évoquent que l’arrivée d’un éventuel gouvernement conservateur à l’automne pourrait empêcher la réalisation du projet de réseau structurant de transport en commun dans la capitale. Eh bien «non», selon les députés de la région de Québec. «Actuellement, avec les arrangements pris avec Montréal, on ne s’en mêle pas et on ne touchera pas au projet de tramway», a lancé le député conservateur de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, Pierre Paul-Hus. Il rappelle que la priorité de son parti était l’interconnexion avec la rive sud. «Est-ce que le projet est un bon projet? Ça, il y a différentes visions. Reste pour nous que l’important c’était l’interconnexion. À la base, c’était un projet Québec et nous on voulait voir l’aspect régional parce que Lévis est aussi important.» Selon lui, le gouvernement du Québec a rempli cette condition d’où la promesse de respecter l’attribution des enveloppes actuelles. Jean-François Néron