Les ouvriers agricoles sont particulièrement en position de vulnérabilité, car ils travaillent souvent dans des endroits éloignés et que le travail lui-même peut être dangereux, nécessitant du matériel lourd et du dur labeur.

Travailleurs étrangers: des mesures pour protéger les migrants temporaires

OTTAWA — Les Canadiens sont de moins en moins disposés à travailler dans des exploitations agricoles, ce qui signifie que les entreprises agricoles doivent rechercher des travailleurs étrangers temporaires pour répondre à leurs besoins en main-d’œuvre, révèle une étude du gouvernement fédéral sur le volet agricole du programme Travailleurs étrangers temporaires publié le mois dernier.

L’examen a été réalisé en 2017 à la suite de nombreuses mauvaises expériences rapportées par des travailleurs temporaires.

En 2017, selon les données du gouvernement, environ 35 000 employeurs ont obtenu l’autorisation d’engager des travailleurs temporaires pour 97 000 postes. Près des deux tiers d’entre eux étaient dans le secteur agricole primaire.

Les ouvriers agricoles sont particulièrement en position de vulnérabilité, car ils travaillent souvent dans des endroits éloignés et que le travail lui-même peut être dangereux, nécessitant du matériel lourd et du dur labeur.

Au cours des consultations, des employeurs se sont également plaints. Se disant confrontés à un processus lourd et obsolète, ils ont réclamé une réduction des formalités administratives pour les employeurs à faible risque d’abus. Ils voulaient aussi qu’un plus grand nombre de travaux agricoles puissent être accomplis par une main-d’oeuvre étrangère. Actuellement, les travailleurs étrangers ne peuvent travailler dans le secteur des fruits, des légumes, des fleurs, du tabac et de certains élevages.

«Les agriculteurs canadiens continuent de déployer des efforts considérables pour recruter et fidéliser les Canadiens d’abord, mais les marges serrées, la forte saisonnalité et l’éloignement des exploitations agricoles représentent autant de défis pour les entreprises», a fait valoir la présidente de la Fédération canadienne de l’agriculture, Mary Robinson.

L’examen fédéral a recommandé d’augmenter les salaires pour attirer plus de Canadiens vers les emplois agricoles, d’explorer la possibilité de donner aux travailleurs migrants un meilleur accès à la résidence permanente et de leur offrir des permis de travail ouverts afin de leur permettre de quitter rapidement leur employeur en cas d’abus et établir une norme minimale de logement pour les travailleurs.

Depuis mars 2015, Service Canada effectue des inspections dans les exploitations agricoles pour s’assurer que les employeurs offrent des conditions de travail et de logement adéquates aux travailleurs migrants. Ces inspections se sont multipliées et le gouvernement a révélé le nom des entreprises prises en flagrant délit. Les contrevenants peuvent également faire face à des amendes ou être bannis du programme. Jusqu’à présent, 129 entreprises ont été citées pour violations.

Selon Santiago Escobar, du Syndicat des travailleurs unis de l’alimentation et du commerce, son syndicat n’a pas constaté de différence marquée sur le terrain pour de nombreux travailleurs agricoles migrants.

Il se dit heureux que l’examen fédéral reconnaisse que les travailleurs étrangers temporaires fassent l’objet d’abus au Canada et accueille favorablement les recommandations visant à conférer davantage de droits et de protection aux travailleurs.

«Mais l’élément clé est la mise en oeuvre», a-t-il souligné.

La ministre de l’Emploi, Patty Hajdu, n’était pas disponible pour une interview, mais sa porte-parole, Véronique Simard, a déclaré que le gouvernement fédéral examinait toujours les recommandations, ajoutant que «des améliorations significatives» avaient déjà été apportées au programme des travailleurs agricoles migrants.