Par la fenêtre de son salon, Catherine Trudel a vu une silhouette bouger dans le grand champ qui s’étend devant chez elle, mercredi après-midi.
Par la fenêtre de son salon, Catherine Trudel a vu une silhouette bouger dans le grand champ qui s’étend devant chez elle, mercredi après-midi.

Traque de Martin Carpentier: récit d'une journée d’impasses

SAINT-AGAPIT — Par la fenêtre de son salon, Catherine Trudel a vu une silhouette bouger dans le grand champ qui s’étend devant chez elle, mercredi après-midi.

Au début, elle pensait que c’était un chevreuil. Mais en zoomant avec son téléphone cellulaire, elle a vu un homme. «C’était un gars avec un gilet gris foncé. Il courait, il s’en allait vers la forêt», raconte Mme Trudel. [...] Le temps qu’on parte pour aller chercher les longues vues, il n’était plus là».  

Catherine Trudel a tout de suite appelé le 911. Une équipe de policiers de la Sûreté du Québec (SQ) est arrivée en véhicule tout-terrain et a ratissé le secteur. Après environ une heure, les VTT sont sortis des bois. Aucune trace de Martin Carpentier. 

Mort ou vivant, le père de Norah et Romy Carpentier, soupçonné d’avoir enlevé ses filles retrouvées sans vie samedi dans un secteur boisé de Saint-Apollinaire, reste introuvable depuis une semaine. 

Mercredi, la septième journée de recherche des policiers a été marquée par de nombreux signalements provenant de citoyens de Saint-Apollinaire et Saint-Agapit, deux villes voisines de Lotbinière. Mais les pistes potentielles ont mené à des impasses. 

Un regroupement de corneilles? Des policiers sont allés voir si les oiseaux n’encerclaient pas le cadavre d’un homme. En vain. Des toussotements et des craquements de branches dans les bois? Les policiers ont fouillé le secteur pour vérifier si un fugitif ne se planquait pas là. En vain. 

Mais c’est à Charny que le plus gros déploiement policier a eu lieu en matinée. Vers 9h, la police de Lévis a reçu un appel à l’effet qu’un homme qui ressemblait à Martin Carpentier semblait caché dans un boisé au parc des Chutes-de-la-Chaudière, où se trouve un mémorial en mémoire de Norah et Romy.

«Au départ, on s’est dit que ça pourrait peut-être correspondre à Martin Carpentier. Il n’y avait rien d’impossible», dit Christian Cantin, porte-parole de la police de Lévis.

À la suite d'un appel, les forces de l'ordre sont intervenues au parc des Chutes-de-la-Chaudière, à Lévis, mercredi matin.

La Sûreté du Québec (SQ) est rapidement venue en renfort au parc des Chutes-de-la-Chaudière avec des véhicules tout-terrain (VTT) et des chiens pisteurs. Tous les sentiers du parc ont été ratissés.

Une trentaine de minutes plus tard, l’individu a été repéré. Il s’agissait d’un homme connu pour avoir des problèmes de santé mentale. Il a été conduit à l’hôpital.

Disparu depuis une semaine

La disparition de Martin Carpentier remonte à mercredi de la semaine passée. Il a été vu la dernière fois avec ses deux filles près d’un dépanneur de Saint-Nicolas, vers 20h30. Une heure plus tard, sa voiture a fait des tonneaux dans un terre-plein de l’autoroute 20, à Saint-Apollinaire. Selon la SQ, les deux fillettes se trouvaient avec leur père dans la voiture au moment de l’embardée. 

Depuis, les policiers ont cherché dans un secteur boisé de 50 km2 qui s’étend de Saint-Apollinaire à Saint-Agapit. Un avion de Transport Canada et des drones munis de caméras thermiques ont survolé les environs. Ils n’ont trouvé aucune trace de Martin Carpentier. 

Mardi, la Sûreté du Québec (SQ) envisageait la possibilité que Martin Carpentier ait réussi à se déplacer hors du secteur boisé de Saint-Apollinaire et de Saint-Agapit où la chasse à l’homme s’est concentrée jusqu’ici. La SQ n’excluait pas un scénario où le fugitif aurait trouvé un moyen de transport pour se déplacer ailleurs. Mais mercredi, les recherches ont continué dans le secteur initial.

Depuis mardi soir, la Sûreté du Québec a changé sa stratégie de communication avec les médias. Dans un bref message sur Twitter, la SQ a écrit : «L’analyse des informations recueillies nous amène à modifier notre stratégie. Afin de ne pas nuire aux opérations qui sont en cours dans le secteur, nous communiquerons uniquement  avec vous si nous détenons de nouvelles informations».

Mercredi, il n’y a eu aucun point de presse pour faire le point sur les recherches et sur l’ampleur du déploiement policier.