CBC a révélé en mars que la firme TransitNEXt n’avait pas obtenu la note de 70%, seuil minimal fixé par la Ville pour les exigences techniques afin de passer à la prochaine étape de sélection.

Train léger à Ottawa: SNC-Lavalin n’a pas atteint les exigences techniques

Des documents rendus publics par le directeur général de la Ville d’Ottawa confirment qu’une filiale de SNC-Lavalin a obtenu le contrat pour la phase 2 du train léger d’Ottawa, même si elle n’a pas obtenu la note minimale fixée par la municipalité pour ses exigences techniques.

CBC a révélé en mars que la firme TransitNEXt n’avait pas obtenu la note de 70%, seuil minimal fixé par la Ville pour les exigences techniques afin de passer à la prochaine étape de sélection.

Dans un rapport, le directeur général d’OC Transpo, John Manconi, indique toutefois que ce seuil minimal «ne correspondait donc pas à une note absolue de succès ou d’échec». Dans l’appel de propositions, on indiquait aux firmes intéressées que, même si un soumissionnaire n’atteignait pas la note minimale, la Ville pouvait «à sa seule et entière discrétion, déterminer si la proposition du soumissionnaire continuera d’être étudiée».

M. Manconi poursuit en indiquant que la soumission de TransitNEXT «respectait les exigences de l’examen de l’exhaustivité et de la conformité technique». 

Bien qu’elle n’obtenait qu’une note de 67,27% sur le plan technique, la firme compensait largement par le coût de sa proposition qui a obtenu le nombre maximal de points dans le processus d’évaluation, loin devant les deux autres finalistes, Trillium Link et Trillium Extension Alliance.

À plusieurs reprises au cours du week-end, le conseiller de Rideau-Goulbourn, Scott Moffatt, a réitéré sa confiance à l’endroit du comité directeur d’orientation de ce projet. 

Il approuve la décision de retenir TransitNEXT parmi les firmes finalistes et maintient que de choisir la soumission de la filiale de SNC-Lavalin était «dans le meilleur intérêt des payeurs de taxes».

Questions sans réponse

Son collègue du quartier Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, se dit de son côté déçu de ce dénouement. 

Que le conseil municipal n’ait pas eu cette information en main au moment de confirmer le choix de TransitNEXT nuit à la confiance du public et des élus à l’endroit de l’administration municipale.

«Les conseillers et les conseillères ont posé les questions à ce moment-là, mais elles sont restées sans réponse parce que la haute direction municipale s’est cachée derrière un avis légal qui soutenait qu’en y répondant, on risque des poursuites et de perdre l’ensemble du processus, explique M. Fleury. S’il faut aller à huis clos pour ça, il y a des processus pour protéger l’intérêt public et bien informer les élus.»

Mathieu Fleury appuie toujours la phase 2 du train léger qui est «encore plus importante que la première» et n’aurait pas nécessairement appuyé une autre candidature, plutôt que celle de SNC-Lavalin même en ayant cette information plus tôt. 

L’élu de Rideau-Vanier peste toutefois qu’il aurait pu questionner l’administration municipale davantage et, possiblement, trouver des failles dans la soumission de TransitNEXt.

Le vérificateur général de la Ville d’Ottawa enquête actuellement sur le processus d’approvisionnement de la phase 2 du train léger. 

M. Fleury s’en remet aux résultats de cette analyse pour rendre les façons de faire de la municipalité plus transparente et éviter qu’un tel scénario ne se répète.