Une pléthore de politiciens municipaux et provinciaux semblait faire consensus autour du projet de train de passagers entre Sherbrooke et Montréal, mercredi soir.

Train de passagers: Rebello fait le plein d’appuis

Le président de la Fondation Train de nuit, François Rebello, avait l’air d’un chef de parti politique qui faisait consensus auprès de ses troupes, mercredi au Marché de la gare. Avant un 5 à 7 à bord de l’Orford Express pour discuter du projet de train de passagers entre Sherbrooke et Montréal, il s’était entouré de plusieurs maires de la région et de candidats de la Coalition avenir Québec, du Parti libéral et du Parti québécois. Tous se disaient favorables au projet de M. Rebello.

Les maires et mairesses de Sherbrooke, Bromont, Farnham, Cowansville, Bedford, entre autres, y côtoyaient les Luc Fortin, Guillaume Rousseau, Bruno Vachon, Guy Madore, Andréanne Larouche et Geneviève Hébert, candidats aux élections provinciales. Steven Guilbeault, cofondateur d’Équiterre, devait aussi être du rendez-vous. « Il est coincé dans le trafic parce qu’il ne pouvait pas venir en train », a lancé en boutade François Rebello.

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Beaucoup d’appuis, donc, pour le projet de train de passagers, mais Québec Solidaire brillait par son absence. Plus tôt en journée, la formation politique annonçait qu’elle souhaitait bel et bien une liaison ferroviaire entre Sherbrooke et Montréal, mais qu’elle devrait être publique et électrique. Cette vision n’est pas incompatible avec les volontés de M. Rebello. 

« Québec Solidaire est toujours plus à gauche que toi. Je suis assez habitué à ça. Sur le fond des choses, ils veulent un train, mais ils aimeraient mieux qu’il soit public et électrique. Électrique oui, mais c’est une deuxième étape. L’AMT à Montréal électrifie les lignes une fois que l’achalandage est prouvé. On ne peut pas dès le départ électrifier parce que ça doublerait le coût du projet. On commence par réparer le chemin de fer... », répond François Rebello.

Public ou privé?

Quant au caractère public ou privé du train, M. Rebello dit que celui qui exploitera le train n’a pas encore été sélectionné. « Ça pourrait être VIA Rail ou une société québécoise. Ce n’est pas établi dans le projet. Ça pourrait aussi être un opérateur privé. La position de Québec Solidaire n’est pas incompatible avec la nôtre. Je pense que c’est une stratégie électorale pour attirer les kodaks et une façon de se démarquer, mais la réalité, c’est que si on avait commencé avec un projet moderne à trois fois le prix, il ne se serait jamais réalisé. Il faut commencer petit et investir pour améliorer les choses par la suite. À Québec Solidaire, il n’y a pas beaucoup de gens qui ont l’expérience des affaires. Être prof d’université c’est une chose, mais quand il faut créer des emplois c’est autre chose. »

M. Rebello s’est par ailleurs réjoui de la présence des trois autres principaux partis politiques. « C’est très important qu’au moment des élections, les électeurs puissent en entendre parler et que les partis puissent s’engager. C’est important qu’on tienne ce tour de train en période électorale et qu’on amène les partis à s’engager. Les chances que le projet se réalise sont très élevées, mais c’est un projet assez complexe. Il y a beaucoup d’acteurs à mettre ensemble. Le gouvernement fédéral doit embarquer dans le projet. Il n’y a rien de sûr, mais on est sur la bonne voie. J’ai confiance aujourd’hui en voyant tout le monde à bord du train. »

François Rebello estime qu’au lendemain de l’élection, le gouvernement provincial aura un signal à envoyer au gouvernement fédéral.

Enfin, le président de la Fondation Train de nuit a fait référence au projet de train de nuit vers le Maine ou Boston, qui pourrait se réaliser à faible coût, soit 4 ou 5 M$. « Pour un train vers le Maine, il suffirait d’avoir un certain nombre d’agences de voyages qui garantissent un certain nombre de billets et nous aurions les sommes nécessaires pour le réaliser. »