Le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur

Trafic d’influence: Jean-Marc Fournier exige des excuses de Francoeur

Le leader parlementaire du gouvernement Jean-Marc Fournier exhorte le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, à s’excuser pour avoir propagé de «fausses allégations» à son endroit.

M. Fournier n’a pas caché sa colère, mardi après-midi, après que la Sûreté du Québec (SQ) eut conclu que les propos de M. Francoeur au sujet d’un présumé trafic d’influence impliquant des élus libéraux étaient non fondés.

«Le minimum serait qu’il soit dans les médias au cours des prochaines heures et qu’il s’excuse [...] à la limite, qu’il explique ses gestes», a affirmé le leader parlementaire au cours d’un point de presse à l’Assemblée nationale.

Pour le moment, le président de la Fraternité n’a offert aucune réaction, indiquant, par voie de communiqué, qu’il prenait connaissance des conclusions de la SQ.

«À la suite de l’annonce par la Sûreté du Québec de la conclusion de l’enquête sur les allégations qu’il a relayées à titre de sonneur d’alerte, le président de la Fraternité, M. Francoeur, prend acte de la conclusion de ladite enquête», se contente-t-on de dire dans un communiqué diffusé par le syndicat, mardi.

M. Fournier a indiqué qu’il n’envisageait pas, «pour l’instant», la possibilité d’intenter une poursuite contre M. Francoeur, qualifiant d’«inadmissible» le silence du président syndical.

Le leader parlementaire n’a pas voulu dire s’il comptait ou non se présenter aux prochaines élections après avoir dit publiquement qu’il était en réflexion sur son avenir politique en raison des allégations soulevées.

«Il y a une marque de cette affaire que je porte en moi, a lancé M. Fournier. Tout ce qui a été écrit, tout ce qui a été dit ne s’efface pas.» M. Francoeur avait soutenu plus tôt au printemps, dans une déclaration écrite à la SQ, que le directeur du Service de police de Québec (SPVQ), Robert Pigeon, avait bloqué une enquête policière visant le ministre Fournier et l’ex-ministre Raymond Bachand à l’époque où il était enquêteur à la SQ.

Les propos d’Yves Francoeur cet automne avaient fait bondir plusieurs personnes, tant du côté de la police que de la classe politique.  

Dans le cadre de l’enquête, plus d’une soixantaine de personnes impliquées de près ou de loin dans les faits énoncés par M. Francoeur ont été interrogées, a précisé la SQ mardi.