Tout inclus... sauf le savoir-vivre

CHRONIQUE / Je reviens d’une semaine passée dans un tout inclus. Ou comme j’aime bien dépoussiérer cette expression digne de 1992, je reviens des Pays chauds !

Parler de vacances dans le Sud, c’est comme jaser du Canadien ; ça frôle la discussion polarisée. Certains adorent ; à les entendre parler, c’est presque une religion. D’autres détestent, sans même y avoir mis les pieds.

J’ai l’impression qu’il faut toujours se justifier lorsque nous parlons de ce fameux sept jours dans un hôtel offrant tous les services. Plusieurs se montrent péjoratifs quant à ce choix d’escapade.

« Ah, mais je vous rassure, j’ai déjà voyagé avec mon sac à dos... »

« C’est la seule chose qui s’imbriquait dans mon horaire, je vous le jure ! »

« C’est que j’avais vraiment besoin de vacances ! »

C’était mon cas. Voyez-vous, je n’avais guère le temps de traverser le chemin de Compostelle. Accompagnée de ma cousine, j’ai vécu la vraie vie de chat pendant sept jours, celle de dormir, de chasser le soleil et de manger, et ce, peu importe l’ordre des trois activités.

Entre les quelques centaines de pages des trois bouquins que j’ai dévorés, j’ai quand même trouvé le moment d’observer autour. Doux Jésus que nous sommes gênants.

Madame, quand vous pestez contre le poivre blanc alors que vous préférez le poivre noir, j’ai chaud. Non pas à cause du soleil, mais bien de par votre attitude.

Quand je vous vois ouvrir votre valise de condiments, je frôle l’insolation. Le cartel de la mayonnaise, du beurre d’arachides et de la vinaigrette Kraft parade au buffet. Sauf pour les enfants, j’ai bien de la difficulté à concevoir la difficulté de s’en séparer pendant quelques dodos. S’il y a quelque chose d’exotique à quitter la maison, c’est de ne pas retrouver tout ce qu’il y a à la maison.

Qui dit tout inclus, dit nourriture et breuvages à volonté. La majorité des vacanciers apporte une tasse réutilisable. Croyez-moi, les tasses Tim Hortons aperçues à la plage contiennent rarement du café. L’exagération règne également dans cette pratique. Il semble y avoir un concours entre les vacanciers. Qui apportera le plus grand contenant ?

L’absence de savoir-vivre se manifeste également dans la gestion de ladite serviette de plage. Pour les non-initiés de ce type de vacances, à l’arrivée, le personnel de l’hôtel vous remet une serviette qui peut être échangée à plusieurs reprises pendant la semaine. L’astucieux voyageur apporte une serviette de la maison, non pas par désir de confort, mais par gestion d’emplacement.

Pendant que nos aventuriers des Pays chauds grillent à la plage, leur serviette permet de réserver une place autour de la piscine, histoire de bien terminer la journée. C’est à donner l’impression que vous avez acheté l’ensemble de l’île.

Je vous avoue, j’ai secrètement rêvé de cacher vos serviettes là-haut dans les palmiers. Mais je ne pouvais pas. Cela ne correspondait pas à l’une de mes trois tâches de la semaine soit dormir, chasser le soleil et manger.