Tom Néron, 35 ans, a été accusé du meurtre au deuxième degré de sa mère, Arlène Girard, sur la rue du Paillard dans le secteur de Rock Forest, mardi, au palais de justice de Sherbrooke.

Tom Néron accusé du meurtre de sa mère

Un homme vivant avec un trouble de santé mentale possiblement lié à la schizophrénie a été accusé, mardi, d’avoir tué sa mère à l’arme blanche à Sherbrooke.

Tom Néron, 35 ans, a été accusé du meurtre au deuxième degré d’Arlène Girard, sur la rue du Paillard dans le secteur de Rock Forest.

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Une mère de famille poignardée à mort

« Le ministère public n’était pas moralement convaincu d’être en mesure de faire la preuve hors de tout doute raisonnable d’une préméditation ou encore d’un propos délibéré. Une accusation de meurtre au deuxième degré signifie l’intention de causer la mort, mais sans la préméditation », explique la procureure aux poursuites criminelles, Me Laïla Belgharras.

Arlène Girard était mère de dix enfants. Tom Néron demeurait à la résidence familiale. Il aurait asséné de nombreux coups de couteau à sa mère.

L’accusé n’a pas été amené devant le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec à l’étape de la comparution au palais de justice de Sherbrooke.

« Un dossier de meurtre est de juridiction exclusive de la Cour supérieure. La comparution ne pouvait être faite en Cour du Québec. Aucune ordonnance ne pouvait non plus être faite. Je vais analyser la preuve avant de déterminer quelle orientation donner au dossier », explique l’avocat de la défense, Me Marc-André Champagne de l’aide juridique.


Il n’a pas résisté à son arrestation. Il a été très collaboratif lors de son interrogatoire.
Martin Carrier

La procureure aux poursuites criminelles n’a pas eu besoin de s’opposer à la remise en liberté de Tom Néron parce que le fardeau de preuve est inversé. Le dossier a été reporté au 9 février. L’accusé demeure détenu.

Les deux avocats confirment que des témoins ont mentionné que Tom Néron vivait avec un trouble de santé mentale.

« Mon client ne possède pas d’antécédent judiciaire et ne prenait pas de drogue ni d’alcool. Sa conduite est inexplicable pour le moment », signale Me Champagne.

« Il ressort des déclarations des membres de la famille que l’accusé aurait des problèmes de schizophrénie. Nous n’avons cependant pas de diagnostic de psychiatre en ce sens pour le moment », ajoute Me Belgharras.

L’accusation de meurtre au deuxième degré est passible d’une peine de détention à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle entre 10 et 25 ans.

La procureure aux poursuites criminelles Me Laïla Belgharras

Arrêté sur place

Tom Néron a été arrêté sur les lieux du drame lundi vers 16 h 15.

« Il n’a pas résisté à son arrestation. Il a été très collaboratif lors de son interrogatoire. Il est resté détenu toute la nuit au quartier général en attendant sa comparution au tribunal », mentionne le porte-parole du SPS, Martin Carrier.

Le SPS ne veut pas confirmer pour le moment que des troubles de santé mentale du suspect pourraient avoir joué un rôle dans cette attaque au couteau sur sa mère.

Les enquêteurs du SPS étaient de retour sur les lieux du crime, mardi, pour poursuivre leur cueillette d’informations.

L’avocat de la défense Me Marc-André Champagne de l’aide juridique

Alexandre Martineau

Cette affaire aurait certaines similitudes avec le dossier d’Alexandre Martineau, mais avec des conséquences qui n’étaient pas irréversibles dans ce cas.

Un trouble schizoïde avait poussé l’homme de 21 ans à attaquer ses grands-parents à l’arme blanche, le 9 juin 2016 sur la rue Mézy à Sherbrooke. Le couple s’est rétabli des blessures.

Sans antécédent judiciaire ou problème de consommation de drogue ou d’alcool, Alexandre Martineau a commencé à présenter certains symptômes de maladie mentale environ quatre semaines avant de passer aux actes. Accusé de tentative de meurtre, il a été déclaré non criminellement responsable pour troubles mentaux en septembre dernier. Il a été intégré au Centre de réadaptation en dépendance et santé mentale de l’Estrie (CRDE), afin qu’il puisse poursuivre son cheminement.