Hubert Lenoir était particulièrement difficile à saisir dimanche. On connaît le personnage, on l’adore pour ce qu’il est, mais il paraissait tourmenté.

TLMEP: malaise ou provocation?

CHRONIQUE / On peut parler d’une émission en montagnes russes, dimanche, à «Tout le monde en parle». Une soirée où la détresse psychologique s’est invitée d’heureuse et constructive façon, mais aussi pour créer un moment de malaise inattendu.

Beau témoignage de Michel Courtemanche, qui se souvient du 17 juillet 1997 comme de la pire journée de sa vie. Ce soir-là, il a été incapable de terminer son spectacle improvisé Chaos, auquel assistaient entre autres des producteurs torontois. C'était «d'la bouette, d'la vieille soupe», affirme l'humoriste, qui voulait à l'époque faire un show «plus drôle que Jean-Marc Parent», des propos prétentieux qu'il regrette aujourd'hui. C'est entre autres parce qu'il n'avait pas pris ses médicaments avant le spectacle que la panique s'est emparée de lui, au point de lui faire quitter la scène.

Dans sa bio, il reproche à son ancien gérant François Rozon d'avoir pris la moitié de ses cachets durant 20 ans. Marie-Lise Pilote a affirmé qu'il avait été exploité par Juste pour rire et acheté avec des cadeaux lorsqu'il se trouvait seul en Europe. Quand l'humoriste exprimait le désir de lâcher, on lui faisait comprendre qu'il le regretterait et qu'il serait trop tard. Selon le livre, l'humoriste n'aurait pas souhaité que Rozon puisse donner sa version des faits, ce qu'il semblait nier dimanche. «Mais je connais François et j'ai l'impression que ce serait quelque chose qui se retournerait contre moi», a-t-il dit.

En milieu de soirée, François Rozon a réagi par voie de communiqué (texte intégral plus bas), parlant de propos «sans fondement et blessants pour moi, ma famille et mon équipe». Affirmant que les souvenirs de son ancien complice étaient erronés, il ajoute avoir voulu l'aider du mieux qu'il le pouvait. «Loin d'une relation typique de gérance d'artiste, nous avons même été partenaires égaux dans des co-entreprises. Chacun de nos contrats a été conclu en bonne et due forme et respecté fidèlement. Nous en avons bénéficié tous les deux à travers les succès et assumé les responsabilités des projets qui n’ont pas fonctionné.» Et il conclut : «Michel Courtemanche est un grand. J'espère de tout cœur que les plus jeunes auront à leur tour le privilège de découvrir son immense talent.»

Très intéressants échanges sur les changements climatiques avec trois spécialistes convaincus. Pour atteindre les objectifs de réduction de gaz à effet de serre, ils s'entendent pour dire qu'on devrait abandonner la voiture, ou du moins la remplacer par une électrique. Au sujet des climatosceptiques, la spécialiste en simulations et analyses climatiques chez Ouranos, Dominique Paquin, attribue en partie leur existence à l'ignorance de bonne foi, alors que le responsable de la campagne Climat-Énergie pour Greenpeace Canada, Patrick Bonin, affirme que les lobbies des pétrolières ont beaucoup d'influence, mais que les climatosceptiques sont moins nombreux qu'avant. Mme Paquin affirme que si on ne fait rien, le Québec de 2050 pourrait voir disparaître ses patinoires extérieures, recevoir des averses plus intenses, vivre des sécheresses et voir disparaître les glaces dans le Saint-Laurent. Patrick Bonin déplore que les gouvernements n'aient presque rien fait depuis 15 ans et réclame qu'ils cessent de subventionner les compagnies pétrolières.

Un peu mitigé sur le passage d'Hubert Lenoir, qui arborait un cœur noir au visage et un gilet portant l'inscription «Chaos». L'artiste était particulièrement difficile à saisir dimanche. On connaît le personnage, on l'adore pour ce qu'il est, mais il paraissait tourmenté. Au point de dire : «J'ai un peu le goût de me crisser en feu ces temps-ci.» Une affirmation qui a laissé l'assistance médusée, alors qu'on venait de parler de détresse psychologique avec Michel Courtemanche, et fait dire à Dany Turcotte : «On dit pas des affaires de même.» Provocation ou réelle détresse? Difficile à dire. Chose certaine, ces propos ne devraient jamais être pris à la légère. Guy A. a bien fait de se montrer bienveillant.

Son album est un chef d'oeuvre, selon ses propres dires. Quand on le compare à David Bowie, il répond : «je veux être comparé à des grands comme Rihanna, Beyoncé et Kendrick Lamar». On est revenu sur son apparition remarquée à La voix, alors qu'il arborait sur une fesse une fleur de lys qui éjacule. Il était sur le trône quand il a lu les réactions négatives sur les réseaux sociaux. «Je me sens souverainiste, mais je n'ai pas adhéré à rien de ce qu'on me propose politiquement», dit-il. Il admet trouver «drôle de profaner un signe aussi emblématique. C'est cool d'avoir des péquistes qui me détestent.» La carte du fou du roi : «Pour nous provoquer, t'es particulièrement doué, mais sais-tu quoi? Lâche surtout pas, on adore ça.»

L'image sombre jurait particulièrement avec l'entrevue qui suivait, avec Béatrice Picard, à qui je décerne mon étoile du match. À 89 ans, l'actrice cumule 70 années de carrière, qu'elle raconte dans le livre Avec l'âge, on peut tout dire, de Sylvain-Claude Filion. L'Angélina du Survenant, à la radio comme à la télé, a parlé de sa première union avec un jeune Français, avec qui elle a eu quatre enfants, sans jamais l'épouser. Joviale et optimiste, elle n'a pas voulu montrer sa tristesse à la mort de son mari en 2010. Quand ça va mal, «il faut que je fasse en sorte que ça aille mieux», dit-elle. «Tu vois Hubert, quand ça feel pas, t'as juste à texter Béatrice», a lancé Guy A. au chanteur. Les yeux d'Hubert se sont allumés quand il a su que Béatrice était la voix de Marge dans Les Simpson depuis 29 ans.

La comédienne admet dans son livre qu'elle a pris de la cocaïne une fois avec France Castel. Elle n'a pas détesté mais les durs lendemains l'ont convaincue de ne jamais en reprendre. Après avoir perdu conscience durant une représentation d'«Harold et Maude», elle a appris qu'elle souffrait de polymyalgie rhumatismale. Le lendemain, elle remontait sur scène. D'ailleurs, ne lui parlez surtout pas de retraite. «Je veux jouer centenaire, pis pas en chaise roulante.»

Le chef vegan Jean-Philippe Cyr va sûrement en avoir converti dimanche soir. Le vegan le plus cool en ville ne jure que par le tofu, tout en jouant l'autodérision. Le tofu «réduit de 90% le risque d'avoir de la visite pour souper», blague-t-il. Par conscience sociale et par respect pour les animaux, il ne mange ni viande, ni poisson, ni miel, ni œuf, ni lait, alléluia. Et ils sont de plus en plus nombreux à en faire autant au Québec. «Faut tracer une ligne à un moment donné», dit toutefois Jean-Philippe Cyr, qui mange des figues et boit du vin, même s'il s'agit d'aliments controversés chez les vegans.

Ariane Moffatt a écrit son sixième album, Petites mains précieuses, entre les boires de son bébé Georges. «J'ai un côté Rocky Balboa», avoue l'artiste, qui s'adonne à la boxe pour reprendre la forme avant sa prochaine tournée. On a vu la superbe publicité de la Fondation CHU Sainte-Justine, à laquelle elle prête sa voix. Sans minimiser l'impact des révélations du reportage d'Enquête sur une étude clinique en oncologie pédiatrique qui ne respecterait pas les protocoles de recherche, la chanteuse réitère son appui à la Fondation. À propos de la controverse autour de son interprétation d'une chanson en anglais de P!nk au Gala Artis, elle affirme qu'il s'agissait d'une commande et qu'elle n'avait pas pesé le poids des réactions, elle qui écrit et compose en français depuis presque 20 ans.

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Béatrice Picard mérite l'étoile du match.

TEXTE INTÉGRAL DE LA RÉPLIQUE DE FRANÇOIS ROZON AUX DÉCLARATIONS DE MICHEL COURTEMANCHE

Michel Courtemanche est l’un des plus grands talents de l’humour que j’ai vu en 35 ans de métier. Au-delà de l’admiration que je lui voue toujours, ses récentes déclarations doivent être rectifiées. En 1989, tous les deux dans la jeune vingtaine, nous sommes partis à la conquête du monde. Michel était bourré de talent et d’énergie. J’avais le courage ou l’insouciance de défoncer toutes les portes et de prendre des risques avec lui et pour lui. Nous avons bâti autour de Michel une équipe formidable, en plus d’investir des sommes colossales pour lancer sa carrière au Québec et à l’international. Michel et moi étions complices, amis et partenaires d’affaires, d’égal à égal. Malheureusement, les souvenirs de Michel sont erronés, autant pour les aspects humains, que financiers. J’ai été témoin des maladies dont souffre et parle Michel. J’ai essayé de l’aider du mieux que je pouvais à l’époque avec l’expérience de vie que j’avais. Je lui ai suggéré plusieurs maisons de thérapie, ai été l’un des seuls à le visiter et à l’aider à réorganiser sa vie à sa sortie. Surtout, j’ai toujours pensé qu’il avait la force de s’en sortir. Je regrette aujourd’hui, sans doute comme tous ceux qui l’entouraient à l’époque, de ne pas avoir décelé plus tôt la source de ses problèmes. Sur le plan des affaires, Michel a été le premier à me suivre lorsque j’ai coupé les ponts avec Juste pour rire il y a 20 ans pour fonder Encore. Loin d’une relation typique de gérance d’artiste, nous avons même été partenaires égaux dans des co-entreprises. Chacun de nos contrats a été conclu en bonne et due forme et respecté fidèlement. Nous en avons bénéficié tous les deux à travers les succès et assumé les responsabilités des projets qui n’ont pas fonctionné. Ses récents propos sont sans fondement et blessants pour moi, ma famille et mon équipe. Néanmoins, je demeure fier de tout ce que nous avons accompli ensemble. Michel Courtemanche est un grand. J’espère de tout cœur que les plus jeunes auront à leur tour le privilège de découvrir son immense talent. François Rozon – 14 octobre 2018

Michel Courtemanche