Tempête fatale à Guelph: les 67's sont éliminés

Une saison régulière de 106 points a fracassé un record de franchise. Puis, même un record de 14 victoires consécutives pour amorcer les séries éliminatoires n’a pas été suffisant pour permettre aux 67’s d’Ottawa de remporter le championnat de la Ligue de l’Ontario.

Le chemin du Storm de Guelph a été plus périlleux. Il a même mis plus de temps que les 67’s pour arriver à 14 victoires. Au deuxième tour des séries, il a dû combler un déficit de 3-0 contre les Knights de London, champions de la conférence de l’Ouest durant la saison. Au troisième tour, ils ont remonté le Spirit de Saginaw après avoir tiré de l’arrière 3-1.

Contre les 67’s, ils s’étaient creusé un trou de 2-0. Une fois de plus, ils se sont relevés pour tout secouer sur leur passage pour arriver en premier à la 16e victoire.

Encore dimanche, devant leurs partisans du Centre Sleeman, ils ont laissé les 67’s prendre l’avance 2-0 après une période. Puis, subitement, le tonnerre a grondé et la tempête a frappé.

Celle-ci a généré cinq buts sans riposte dans la période médiane qui s’est avérée fatale aux 67’s.

Le Storm a finalement soulevé la deuxième coupe Robertson de son histoire avec un gain éclatant de 8-3. Comme à sa première conquête en 1998, toujours avec George Burnett aux commandes, le Storm a encore eu raison des 67’s dans la série finale.

Au printemps 2019, les 67’s n’ont jamais pu se remettre de la perte de Michael DiPietro dans le second match. Cédrick Andrée avait excellé en relève pour aider les Ottaviens à remonter la pente et gagner ce deuxième match, mais le vent a changé brusquement dans les quatre matches suivants.

Dans le sixième match, Andrée n’y pouvait pas grand-chose quand le Storm a surgi avec trois buts sur ses trois premiers avantages numériques. Les locaux ont eu l’avantage 39-26 dans les tirs, dont 18-6 dans la deuxième période.

« Nous avons connu un bon départ, mais quand nous avons eu des occasions en or d’accentuer notre avance ou de revenir dans le match, nous n’en avons pas profité alors qu’ils ont saisi toutes leurs chances », a expliqué l’entraîneur-chef André Tourigny, profondément déçu après ce quatrième revers de suite.

Suzuki le plus utile

Nick Suzuki, le joueur le plus utile des séries, a compté un but en plus d’ajouter deux passes dimanche pour terminer le tournoi printanier avec 42 points en 24 matches.

Le défenseur Dmitri Samorukov, un espoir des Oilers d’Edmonton, et Isaac Ratcliffe, un espoir des Flyers de Philadelphie, ont aussi connu un fort match avec une récolte de deux buts et deux passes chacun. Cedric Ralph a été l’auteur du but gagnant à la 36e minute de jeu. Domenico Commisso (dans un filet désert) et Keegan Stevenson ont aussi touché la cible pour le Storm, un club mature avec 15 joueurs âgés de 19 ou 20 ans, comparativement aux huit joueurs du même âge  chez les 67’s.

Noel Hoefenmayer et  Kody Clark  avaient permis aux 67’s d’amorcer le match en confiance en marquant les deux seuls buts de la première période. Sasha Chmelevski avait ensuite arrêté la saignée des cinq buts consécutifs du Storm en fin de deuxième période pour ramener le pointage à 5-3 avant le dernier tiers. L’espoir des Sharks de San Jose aura toutefois été le dernier membre des 67’s à déjouer Anthony Popovich dans la finale.

Il n’y aura donc pas de « Coupe Tourigny » à Halifax la semaine prochaine. L’entraîneur-chef des 67’s ne pourra pas rejoindre ses deux anciens clubs au tournoi de la coupe Memorial. Les Huskies de Rouyn-Noranda représenteront les champions de la LHJMQ alors que les Mooseheads de Halifax seront le club hôte.

« Nous avions un groupe de joueurs spéciaux. Nous allons en perdre plusieurs. Ils ne seront jamais oubliés à Ottawa. Il y a un bon groupe qui reviendra l’an prochain, mais ce soir, ce revers est dur à avaler », a complété Tourigny.

+

Fin amère à une saison remarquable des 67’s

Tout  allait trop bien pour les 67’s d’Ottawa. Il y a une semaine, ils voguaient allègrement vers le championnat de la Ligue de l’Ontario avec une avance de 2-0 dans la finale. Ils n’avaient pas encore subi une seule défaite.

La ville vibrait au rythme des 67’s. Tellement que les partisans souhaitaient quasiment une défaite à Guelph afin de revoir cette fantastique équipe au moins une dernière fois à la Place TD. La première défaite est survenue lundi par la marque de 7-2 et l’allure de la série a basculé complètement. Les 67’s n’ont jamais pu s’en remettre.

Club expérimenté avec 11 joueurs repêchés dans la LNH, le Storm de Guelph a répété son même coup qui a achevé les puissants Knights de London et le Spirit de Saginaw aux tours précédents. Déterminé, le Storm a pris des forces après sa première victoire pour filer jusqu’au championnat.

Tye Felhaber, qui a mené les 67’s avec 17 buts en 18 matches des séries, était rongé par le chagrin après la défaite de dimanche.

« C’est dur de finir à deux victoires de la coupe. Nous avions tellement un bon groupe et nous avions connu tellement une bonne saison. Ça fait mal, mais quand nous regardons l’ensemble de notre saison, il faut être fier de ce que nous avons accompli. »

Malgré le pointage de 8-3, Felhaber raconte que le match final a été plus serré que ne l’indique le pointage.

« Nous avons eu quelques punitions et ils ont profité de leurs chances. C’est dur de se sortir de cette situation. Nous avions un bon sentiment avant le match, mais nous avons rencontré un très bon club à Guelph et dans les séries, tout peut arriver. »

Meilleur compteur des 67’s avec 31 points en 18 matches des séries, Sasha Chemelevski, demeurait fier du parcours de son club en 2018-19.

« Je suis très fier de notre groupe. Nous  serons des frères pour la vie. Chacun mettait l’équipe en premier. Je n’ai jamais autant  eu de plaisir dans ma vie qu’avec ce groupe. Aujourd’hui, le Storm a pris beaucoup de momentum quand il a marqué ses buts en deuxième période. Nous avions des blessés... mais Guelph a très bien joué quand il devait hausser son jeu d’un cran. »