La comédienne Mylène Mackay espère que les techniciens de l’AQTIS obtiendront de meilleures conditions de travail.

Télévision: techniciens et producteurs auraient un nouveau contrat de travail

Le gala des prix Gémeaux s’est déroulé sur fond de tension, dimanche, alors que les membres de L’Alliance québécoise des techniciens et techniciennes de l’image et du son (AQTIS) sont en plein conflit de travail. On a toutefois appris après le gala qu’une entente serait sur le point d’être conclue.

Un communiqué de presse a été publié par l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM), tout juste avant minuit. On y apprend que le médiateur désigné par le ministère de la Culture aurait «formulé une recommandation aux parties et que cette recommandation ait été entérinée par les membres de l’AQTIS».

Selon l’AQPM, la recommandation «reflète un véritable compromis entre les parties» et le comité de négociation des producteurs va en proposer l’acceptation à ses membres, confirme la présidente et directrice générale Hélène Messier.

En plain discours de remerciement lors du gala des Gémeaux, la productrice Fabienne Larouche a rendu hommage aux artisans de la télévision québécoise qui est confrontée aux géants américains comme Netflix, Amazon et Apple.

«On n’a pas autant de moyens qu’eux, mais on a autant de talent, autant de passion», a-t-elle déclaré.

Solidarité

Sur le tapis rouge menant au Théâtre St-Denis, où se déroulait la cérémonie, bon nombre d’artistes ont affiché leur solidarité avec les techniciens et techniciennes de l’image et du son.

L’AQTIS représente quelque 6000 pigistes - des caméramans, preneurs de son, maquilleurs, coiffeurs et autres.

Vincent Leclerc, en nomination dans la catégorie du meilleur premier rôle masculin pour son interprétation de Séraphin dans Les Pays d’en-haut, estime qu’une intervention gouvernementale pourrait s’avérer nécessaire.

«J’ai travaillé avec une maquilleuse ce printemps dont le salaire n’avait pas bougé en 20 ans. C’est toute l’industrie qui souffre, illustre-t-il. On fait de plus en plus de contenu avec de moins en moins de temps.»

Ludivine Redding, en lice dans la catégorie du meilleur premier rôle féminin dans une série dramatique quotidienne pour Clash, se dit, elle aussi, «de tout cœur» avec les techniciens, avec qui elle forme des liens très forts en tournage.

«On est une équipe. Il faut être solidaire, bien sûr. Sans techniciens, il n’y a rien qui se tourne. Leur travail est essentiel. Il faut que ce soit respecté et écouté», a-t-elle fait valoir.

La comédienne Mylène Mackay a souhaité aux techniciens «d’obtenir les conditions qu’ils demandent». «Tout le monde a intérêt à avoir des conditions dans lesquelles ils sont confortables pour donner le meilleur d’eux-mêmes.»

Stéphane Demers, qui a remporté le prix du meilleur premier rôle masculin dans une série dramatique annuelle pour O’, a dit pour sa part ressentir «l’essoufflement» de ses collègues depuis cinq ans déjà.

«Il n’y a absolument aucune télévision et aucun cinéma qui peut se faire sans qu’il y ait des gens «hyperqualifiés» et rémunérés de la bonne façon. C’est vrai pour les comédiens et pour les techniciens. Il faut aussi des horaires de travail où on va être à notre meilleur et pas toujours en train d’éteindre des feux. Ça reste de la business, mais de l’art aussi!»