Des conteneurs chinois sont empilés dans le port de Savannah, en Georgie, en juillet.

Tarifs: la riposte de Pékin fait damner Trump

WASHINGTON — Le ton est encore monté d’un cran entre Washington et Pékin : Donald Trump a accusé mardi la Chine d’essayer d’influencer les élections américaines en ciblant sa base électorale dans la guerre commerciale en cours.

Moins de 24 heures après l’annonce par la Maison-Blanche de taxes sur 200 milliards $ d’importations chinoises supplémentaires, Pékin — qui a jugé «incertaine» une reprise des négociations — a imposé des droits de douane pour 60 milliards $ de biens américains importés.

Furieuse, la Chine a indiqué qu’elle pourrait ne pas revenir à la table des négociations destinées à trouver un compromis : cette nouvelle salve américaine «ajoute de l’incertitude» aux pourparlers, a insisté Geng Shuang, porte-parole de la diplomatie chinoise.

«De telles discussions doivent se tenir sur la base de l’équité, de l’égalité et de la bonne foi. Or, ce que les États-Unis viennent d’annoncer ne témoigne d’aucune sincérité, d’absolument aucune bonne foi», s’est-il indigné, fustigeant des droits de douane «inacceptables» pour Pékin.

Donald Trump, qui redoute une sévère défaite des républicains au Congrès lors des élections de mi-mandat dans moins de 50 jours, a de son côté — fait nouveau — accusé Pékin de tenter de le fragiliser politiquement.

«La Chine a ouvertement indiqué qu’elle tentait activement d’influencer et de changer notre élection en attaquant nos agriculteurs, nos éleveurs et nos ouvriers de l’industrie parce qu’ils sont loyaux à mon égard», a-t-il lancé dans un tweet matinal.

«Grands patriotes»

Comme pour mieux s’en convaincre lui-même, M. Trump a assuré que les Américains qui subiront les représailles chinoises étaient de «grands patriotes» comprenant la nécessité de passer par cette guerre commerciale pour faire plier la Chine.

Les nouveaux tarifs douaniers américains prendront effet le 24 septembre et s’élèveront à hauteur de 10 % jusqu’à la fin de l’année. Le 1er janvier, ils seront portés à 25 %. Des droits punitifs adoptés en juillet et août ciblaient déjà des biens chinois représentant 50 milliards de dollars d’importations annuelles. Donald Trump exige de Pékin qu’il réduise de 200 milliards $ l’abyssal déficit commercial américain.