La candidate conservatrice Sylvie Goneau affrontera le député libéral sortant Steven MacKinnon dans Gatineau.

Sylvie Goneau candidate conservatrice dans Gatineau

L’ex-conseillère municipale et candidate défaite à la mairie de Gatineau, Sylvie Goneau, fera le saut dans l’arène politique fédérale, a appris Le Droit.

Sous la bannière du Parti conservateur du Canada, elle tentera de déloger le député libéral de Gatineau, Steven MacKinnon, lors du scrutin prévu le 21 octobre. 

Celle qui a représenté les citoyens du district de Bellevue durant deux mandats, de 2009 à 2017, fera officiellement connaître ses intentions mardi. Elle été nommée candidate à la suite d’une investiture tenue en avril. 

« Je suis de retour, j’ai aimé travailler pour les gens. La politique fédérale, c’était un palier que je n’avais jamais mis de côté, j’avais un intérêt pour cela, surtout depuis que j’ai fait du travail auprès de la Fédération canadienne des municipalités. C’est quelque chose de fort intéressant. J’ai hâte de pouvoir retourner sur le terrain et discuter avec les citoyens, les organismes. C’est excitant. Je veux continuer de servir la population, mais d’une différente façon », lance-t-elle d’emblée. 

Farouche opposante du maire Maxime Pedneaud-Jobin à la table du conseil, Mme Goneau s’était lancée dans la course à la mairie de Gatineau lors du dernier scrutin, en novembre 2017. Elle avait terminé la course en troisième position avec 17,5 % des suffrages. 

Mme Goneau, qui occupe le poste de directrice générale de l’Association des journaux régionaux du Québec depuis son départ de la sphère politique, explique qu’elle a décidé de défendre les couleurs des conservateurs pour diverses raisons. 

« On a eu une conversation et après la lecture de leurs orientations et de leurs stratégies, j’ai trouvé plusieurs points en commun avec mes valeurs et mes objectifs pour le Canada. Je crois sincèrement que gens sont tannés des libéraux et trouvent le gouvernement Trudeau très difficile. Il y a eu le scandale de SNC-Lavalin, les dépenses excessives, etc. C’est l’opportunité pour les conservateurs d’apporter une nouvelle fraîcheur. J’ai hâte de voir ce que M. Scheer va annoncer par rapport à l’environnement, les gens vont être agréablement surpris, je pense. On a aussi un excellent plan pour le développement économique, pour l’équilibre budgétaire », dit-elle. 

Une longue réflexion... et un pont

La décision de replonger en politique ne s’est cependant pas prise sur un coup de tête, soutient l’ancienne élue municipale, précisant avoir décliné d’autres offres dans les derniers mois. 

« Ç’a été une très longue réflexion. Là, j’étais prête à faire un retour, car j’ai la force et l’énergie. Beaucoup, beaucoup de choses se sont déroulées dans ma vie depuis deux ans, de la campagne à la mairie à la défaite en passant par le nouvel emploi puis la démolition de ma maison (en raison des inondations en 2017). Après, il y a eu la reconstruction de la maison. J’avais beaucoup de choses dans mon assiette, sauf que là je suis dans une période de ma vie où je suis prête à entreprendre un nouveau défi », confie-t-elle.

Cette dernière est d’avis que le député MacKinnon « a fait beaucoup de promesses, mais a eu de la difficulté à les livrer, parce que son parti ne l’a pas appuyé ». Elle cite en exemple le projet de sixième pont interprovincial ainsi que les problèmes du système de paye Phénix.

Au sujet d’un nouveau lien entre Gatineau et Ottawa, elle soutient être sur la même longueur d’onde que le député sortant, se disant totalement en faveur du projet. 

« Ce n’est pas un enjeu qui va nous distinguer. J’ai même commencé à travailler sur ce dossier quand j’étais conseillère, en 2008 ou 2009, avant l’élection de M. MacKinnon. J’avais eu des discussions avec le député Mauril Bélanger, mais aussi avec Françoise Boivin et Marc Carrière (ex-députés fédéral et provincial). J’avais assisté à toutes les études de la CCN à l’époque. Malheureusement, il y a certaines réalités qu’on ne peut ignorer. C’est un projet qui ne pourra pas se faire uniquement avec le fédéral. Il faut ramener tout le monde autour de la table. [...] Est-ce que c’est la priorité ultime pour tous les gens du comté ? Ce sera à voir. Mais c’est officiel qu’un vote pour Sylvie Goneau veut dire que l’on continuera à travailler sur ce dossier pour le faire avancer », spécifie-t-elle.

Mme Goneau affirme qu’elle dévoilera ses autres priorités dans les prochains jours. 

Ce n’est pas la première fois que les conservateurs tentent de ravir cette circonscription avec un visage du milieu municipal. Les ex-conseillers municipaux Denis Tassé et Luc Angers ont en vain tenté leur chance en 2008 et 2015, obtenant respectivement 8 et 17% des voix. De plus, l’actuel élu du district de Deschênes, Mike Duggan, est le candidat conservateur dans la circonscription de Hull-Aylmer en vue de l’élection de l’automne. 

Précisant que les gens connaissent «sa ténacité et son intégrité», Sylvie Goneau estime avoir «de très bonnes chances» d’être élue dans quatre mois.

Les autres candidats conservateurs en Outaouais sont Marie Louis-Seize (Argenteuil-La Petite-Nation) et Dave Blackburn (Pontiac).