L’accusée fait des pieds et des mains pour éviter les caméras.
L’accusée fait des pieds et des mains pour éviter les caméras.

Stéphanie Frenette était «très mal à l’aise» durant son interrogatoire

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
Stéphanie Frenette était mal à l’aise, se rongeait les ongles et suivait ses notes en cachant ce qui était écrit sur les pages lors de sa déposition qui aura duré plus de huit heures, le 24 février 2017, avec les deux enquêteurs dépêchés à la garderie l’ABC de la Chenille de Chicoutimi. Caroline Tremblay, du Service de police de Saguenay, a été appelée à témoigner au procès de la gardienne accusée de voie de fait grave sur un bébé de 23 mois.

Le procès de Stéphanie Frenette se tenait pour une troisième journée, mercredi, au Palais de justice de Chicoutimi. La femme est accusée d’avoir secoué un bébé qu’elle gardait, le matin du 20 février 2017, au point de lui causer des séquelles irréversibles et très graves. L’enfant, aujourd’hui âgé de cinq ans, est lourdement handicapé, ne marche pas et ne parle pas. Il doit être gavé pour s’alimenter.

Première rencontre avec la gardienne

La policière Caroline Tremblay a expliqué avoir été dépêchée au 1421 rue Bégin de Chicoutimi, le 23 février 2017, afin d’enquêter sur la scène de la garderie. À ce moment, Stéphanie Frenette n’était ni arrêtée ni accusée. Les enquêteurs avaient un mandat pour « faire la scène » et voulaient s’entretenir avec la gardienne.

Ce jour-là, Stéphanie Frenette a toutefois refusé de parler de la journée du 20 février 2017, puisqu’elle « était émotive et fatiguée ». Elle avait également contacté un avocat.

Les policiers ne lui ont pas mis de pression, se contentant alors de prendre des photos de la garderie, tout en saisissant des objets, comme l’ordinateur et le iPad.

L’enquêteuse Caroline Tremblay a expliqué avoir constaté, le 23 février 2017, que Stéphanie Frenette avait pris des notes manuscrites de ce qui s’était passé le matin du 20 février 2017, lorsque le petit a été transporté d’urgence à l’hôpital. Les enquêteurs ont demandé s’ils pouvaient avoir ces notes, mais Stéphanie Frenette a refusé. Les policiers ont toutefois obtenu un mandat de perquisition. Les notes divulguaient surtout des informations sur le comportement du bambin, ce matin-là.

Jour de l’interrogatoire

C’est finalement le 24 février 2017 que Stéphanie Frenette a accepté de donner sa version des faits aux enquêteurs. L’interrogatoire aura duré plus de huit heures, au domicile de la gardienne.

C’est l’enquêteur de la Sûreté du Québec, Éric Gagné, qui a pris les notes de la déposition de Stéphanie Frenette, alors que Caroline Tremblay était assise à leur côté, dans la cuisine de la résidence de la gardienne.

Caroline Tremblay a témoigné devant le juge de la Cour du Québec, Michel Boudreault, que le comportement de Stéphanie Frenette avait changé du tout au tout lorsqu’ils ont abordé la journée du 20 février 2017. Selon l’enquêteuse, la femme a commencé à se ronger les ongles, à jouer avec sa bague de mariage, elle s’est reculée sur sa chaise, baissant la tête et se renfrognant. Elle lisait ses notes plus qu’à l’habitude, se positionnant pour que les enquêteurs ne voient pas ses notes.

Selon la policière, Stéphanie Frenette a cessé d’être mal à l’aise après avoir parlé de cette matinée-là.

L’avocat en défense, Me Julien Boulianne, a toutefois mis en contradiction la témoin de la Couronne à un moment. Dans son rapport, la policière avait écrit que Stéphanie Frenette regardait toujours ses notes, pas seulement au moment où la journée du 20 février a été abordée, comme elle l’a déclaré au juge.

L’enquêteur de la SQ, Éric Gagné, sera appelé à témoigner jeudi.

L’accusée fuit encore les caméras

L’accusée continue d’user de beaucoup de stratégies pour éviter les caméras des médias. Son père se déplace devant elle, muni d’un cartable pour cacher sa fille, alors qu’elle est masquée et enroulée dans un foulard.