«Laissez-nous le temps», a réagi la ministre Hélène David. Une analyse générale des conditions de stage des étudiants est en cours au ministère de l’Enseignement supérieur.

Stages payés: après les profs, les sages-femmes

La ministre de l’Enseignement supérieur Hélène David est très consciente que plusieurs étudiants cognent à sa porte pour que leurs stages soient rémunérés. Elle leur demande toutefois du temps pour faire le point.

En 2017, le gouvernement Couillard a dit oui aux revendications des doctorants en psychologie qui réclamaient un stage payé. Dans le dernier budget, il a dit oui aussi aux étudiants au baccalauréat en enseignement, qui verront leur dernier stage être rémunéré. 

«On a fait deux grands, grands pas, mais là, on est en train de regarder l’ensemble de l’œuvre. Laissez-nous le temps», a réagi la ministre David jeudi. Une analyse générale des conditions de stage des étudiants est en cours au ministère de l’Enseignement supérieur. 

Des membres de l’Association étudiante sages-femmes du Québec se sont déplacées à l’Assemblée nationale pour réclamer que leurs 2350 heures de stage et d’internat du baccalauréat en pratique sage-femme soient payées. Une demande qui se chiffre à 1,6 million $ par année. 

Selon elles, offrir des stages payés permettrait de former davantage de sages-femmes au Québec et de contrer la pénurie actuelle. Plusieurs étudiantes s’endettent grandement lors de leurs stages, car elles doivent effectuer un suivi à la maison des familles qu’elles accompagnent et payer pour les dépenses encourues. 

«Cheap labor»

Le député solidaire Gabriel Nadeau-Dubois, qui accompagnait les étudiantes jeudi, souhaite que tous les stages au Québec soient encadrés légalement et rémunérés. «Il y a beaucoup trop de jeunes Québécois, de jeunes Québécoises qui travaillent sans être payés, c’est une forme de cheap labor moderne qui, pour nous, est inacceptable.»