Le gouvernement Couillard accepte de réserver 15 millions $ par année pour payer les stages de trois mois d’environ 3900 étudiants chaque année.

Stage final payé pour les futurs enseignants

Les étudiants en enseignement crient victoire. Le gouvernement accepte de les payer lorsqu’ils réalisent leur stage final et prennent en charge une salle de classe. Le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx indique qu’il s’agit d’un «pas en avant» pour valoriser cette profession.

Après avoir été «fou de ses enfants», le ministre Proulx souhaite que le Québec devienne aussi «fou de ses enseignants». Selon lui, la rémunération des stages était une «revendication légitime». Son gouvernement accepte de réserver 15 millions $ par année pour payer les stages de trois mois d’environ 3900 étudiants chaque année.

C’est un peu moins que les 20 millions $ annuels réclamés par les étudiants, mais pour eux, il s’agit tout de même «d’une belle surprise», après 10 ans d’efforts. 

«Les étudiants mobilisés ont réussi à mettre de la pression. On est très heureux que les discussions des dernières semaines aient porté fruit», a réagi Simon Telles, président de l’Union étudiante du Québec (UEQ).  

Pour Jason St-Amour, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), cette ouverture du gouvernement aux stages payés est une bonne nouvelle. «C’est le prochain combat aussi dans le milieu collégial […] Il y a une ouverture qui se fait aujourd’hui et on ne la laissera pas passer.»

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Pénurie de profs

Pour le ministre Proulx, ces stages payés montrent que le gouvernement «passe de la parole aux actes» pour redorer le blason des enseignants. Surtout que le Québec a un urgent besoin d’eux dans les salles de classe. Alors que plusieurs régions affichent une pénurie d’enseignants, le gouvernement garde le cap et a l’intention d’embaucher 1500 nouvelles ressources dans les écoles pour septembre prochain, comme il l’a fait l’an dernier. «On va y arriver», lance M. Proulx, confiant. 

Les dépenses en éducation connaîtront une hausse de 5% cette année, mais cette croissance sera ramenée à 3,5% au cours des prochaines années. 

«On va peut-être corriger l’avenir, mais comment régler le passé?» réagit Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). Selon elle, une génération d’enfants a déjà été «sacrifiée au nom de l’austérité».

Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement, calcule que le gouvernement est toujours en rattrapage et que ce n’est qu’en 2022 qu’il aura fini de rembourser l’équivalent de ce qui a été comprimé au cours des dernières années en éducation. 

Les cégeps se sentent oubliés

Bernard Tremblay, pdg de la Fédération des cégeps, est quant à lui très déçu de ce budget. «On donne de l’argent aux universités, on donne de l’argent aux commissions scolaires, ce qui est une très bonne nouvelle, mais on oublie les cégeps», déplore-t-il. 

Le financement de l’enseignement supérieur est revu pour mieux s’adapter à la réalité, si bien que les universités recevront 50 millions $ supplémentaires, alors que les cégeps devront se contenter de 5 millions $. 

M. Tremblay s’explique mal pourquoi les cégeps ont été mis de côté, alors qu’ils sont «un acteur-clé» pour répondre aux défis de main-d’œuvre du Québec.