Carol Pelletier Pelletier a plaidé coupable à des gestes répétés d’agression sexuelle sur une petite voisine, mais ne comprend toujours pas pourquoi c’était un crime.

Six ans ferme pour le sexagénaire «conjoint» d’une fillette

Carol Pelletier, 61 ans, ne comprend pas encore que c’était un crime d’avoir pris comme «blonde» une fillette âgée entre 9 et 12 ans. Il aura six ans de pénitencier pour y penser.

Pelletier, un homme de Lotbinière, a plaidé coupable à des gestes répétés d’agression sexuelle, des attouchements jusqu’à la pénétration, sur une petite voisine, Noémie*.

Le sexagénaire est entré dans la vie de l’enfant à titre d’ami et de pourvoyeur et, au fil du temps, s’est donné le statut de conjoint. 

La relation entre l’homme et l’enfant avait lieu au vu et au su de la mère. Une enquête policière est d’ailleurs ouverte concernant la dame.

La DPJ connaissait aussi certains éléments de la situation, car elle avait obtenu une interdiction de contact entre Pelletier et Noémie en 2017. 

Les corps policiers n’ont toutefois été avisés qu’au printemps 2018, lorsque la petite sœur de Noémie a filmé Pelletier en train de toucher l’entrejambe de son aînée. Carol Pelletier a déballé son sac aux policiers et raconté la relation en détail.

Cinq mois après avoir plaidé coupable, Carol Pelletier reconnaît mal l’adéquation de ses gestes, car, à ses yeux, la relation amoureuse était mutuelle. «Une enfant de 9 à 12 ans, une relation consensuelle, sa conjointe, énumère le juge Mario Tremblay de la Cour du Québec, d’un ton glacial. Dites-le sans rire!»

«il a gâché sa vie»

Noémie n’a donné que peu de détails aux enquêteurs au moment de l’arrestation de Pelletier, en avril 2018. La jeune fille était très attachée à Pelletier et bouleversée par la rupture.

Quelques mois plus tard, Noémie a accepté de remplir une déclaration sur les conséquences que le crime a eues sur elle, un document dont le contenu est confidentiel. Le juge Mario Tremblay a parcouru le document. «Ce sont des choses très troublantes qu’on peut lire, commente-t-il brièvement. Il a gâché sa vie.»

La procureure de la Couronne Me Mélanie Dufour et l’avocate de défense Me Nancy Quirion ont suggéré une peine de six ans de pénitencier. Cette peine, disent les avocates, tient compte de l’abus de confiance commis par Pelletier et de la gravité des gestes posés, mais aussi du fait qu’il a lui-même été victime dans l’enfance et a des limitations cognitives. La suggestion de six ans a été acceptée par le juge Tremblay, qui, d’un geste sec de la main, a envoyé Pelletier vers le box de détention.

* Prénom fictif