Le projet de cimetière développé par l’Association culturelle islamique de l’Estrie, sur un terrain adjacent au cimetière Saint-Michel, serait le premier du genre en Estrie et le deuxième au Québec.

Sherbrooke aura son cimetière musulman

SHERBROOKE — La Ville de Sherbrooke a confirmé mardi soir avoir accepté l’offre d’achat déposée par l’Association culturelle islamique de l’Estrie (ACIE) a pour un terrain adjacent au cimetière Saint-Michel, dans le district du Pin-Solitaire. L’ACIE y aménagera le premier cimetière musulman en Estrie.

Mohamed Golli, membre actif et porte-parole de l’ACIE, confirme qu’une offre d’achat de 69 800 $ a été déposée pour une parcelle de terrain de 2793 m² à l’angle de la rue Desaulniers et du chemin des Pèlerins. Il s’agit du même terrain qui avait été identifié en août dernier. La Tribune rapportait alors que l’évaluation municipale s’élevait à 1 419 800 $. « Nous n’achetons qu’une partie du terrain et nous prendrons en charge tous les frais d’analyse exigés par le ministère de l’Environnement. Nous pensons que ce sera suffisant pour le moment, puisque la communauté est très jeune. Les décès ne se comptent pas par dizaines chaque année. Quand nous aurons besoin d’espace, nous aurons une clause qui nous permettra une expansion. »

Lire aussi : Cimetières musulmans : deux projets en marche

Le terrain entier couvre une superficie de 66 591 m2. Le prix de vente du terrain, à 25 $/m2, a été fixé en tenant compte de la localisation du terrain et en considérant l’absence du réseau d’égout dans ce secteur.

Selon M. Golli, il faudra ajouter des frais d’analyse d’environ 7000 $ et le coût de la préparation du terrain s’élèverait à 70 000 $.

Si l’ACIE espérait que les frais d’analyse soient assumés par la Ville, elle accepte maintenant de les payer. Elle assouplit aussi sa règle exigeant que le cimetière soit réservé pour les membres de l’ACIE. Tout citoyen de confession musulmane pourra y être inhumé. 

« Notre souhait est de pouvoir réaliser les analyses avant le gel, de manière à pouvoir préparer les appels d’offres pour l’aménagement du terrain. Nous espérons que tout sera prêt en 2019. Ce qui est important, c’est que nous serons le deuxième cimetière du genre au Québec. »

La vente est conditionnelle à l’obtention des autorisations liées à la Loi sur les cimetières non catholiques.

L’ACIE ne souhaite pas exploiter une résidence funéraire, si bien qu’elle prendra entente avec une organisation qui respectera les traditions musulmanes. L’inhumation, elle, sera gratuite. « Le terrain appartiendra à toute la communauté. Il n’y aura donc pas de frais pour le lot où le corps sera enterré. »

Le cimetière pourrait accueillir environ 400 défunts. Mohamed Golli estime que l’ACIE compte environ 1100 membres.

Rappelons que la Coopérative funéraire musulmane du sud-est travaille elle aussi à confirmer le lieu de son propre cimetière. En août, le président Mohamed Soulami confirmait avoir signé une promesse d’achat. « Nous sommes pas mal avancés. Une annonce ne devrait pas tarder. Nous espérons confirmer l’achat d’ici la fin de 2018. Avant que nous puissions avoir la conclusion, il reste quelques démarches pour confirmer que le site est approprié. »

M. Soulami rappelle qu’il est très ouvert à travailler avec l’ACIE et à mener des démarches communes. 

En août, Mohamed Golli avait rejeté toute forme d’association avec la Coopérative funéraire musulmane du sud-est. « Nous voulons un cimetière musulman conforme aux rites funéraires musulmans. Il est clair que nous ne partageons pas la même vision. »