L'APQ souhaite provoquer un grand dialogue entre son association professionnelle, la population et les décideurs politiques.

Santé mentale: les psychologues veulent un dialogue avec le public

L'Association des psychologues du Québec (APQ) lance une vaste campagne de sensibilisation auprès de la population et des décideurs politiques, dans le cadre de la Semaine nationale de la santé mentale. L'objectif: parler des tabous, et faire de la maladie mentale un enjeu collectif.

L'édition 2018 de cette semaine nationale de plus en plus populaire se déroulera sous un thème unique, celui d'agir pour donner du sens à son existence.

La campagne de l'APQ, elle, se concentrera simultanément sur le fait de se faire une tête à propos des services que nous voulons, en tant que société, sur la santé mentale.

Une perspective que voit d'un très bon oeil le président de l'APQ, Charles Roy, dans l'optique où le but de son association est notamment de documenter les ressources et de faire l'état des besoins criants dans le système de santé québécois.

«On veut surtout que la qualité des services que nous souhaitons tous en santé mentale devienne réellement un enjeu de société, explique le président. On cause, on sensibilise, on fait des annonces, certes, mais que nous offre-t-on réellement en matière de services en santé mentale?»

La vraie question, selon le porte-parole, est de se demander ce que «nous voulons comme services publics» dans la province, surtout - et dans le cadre de cette semaine - en ce qui concerne le traitement de la maladie mentale. 

Questionnaire politique et dialogue public

Afin d'appuyer la population et de l'aider à se faire une tête, les psychologues du Québec enverront prochainement un questionnaire au Parti libéral, à la Coalition Avenir Québec, au Parti Québécois et à Québec solidaire, pour que ceux-ci «se positionnent officiellement» et sans détours sur une série d'enjeux en santé mentale.

De son initiative personnelle, M. Roy démarre parallèlement lundi un blogue Web, via la plateforme du HuffingtonPost Québec, «pour lever le voile sur la réalité des services actuels en santé mentale», explique le principal intéressé.

«On veut interpeller la population, recevoir leurs commentaires, leurs suggestions. Par exemple, avez-vous essayé d’avoir accès à un psychologue dans les services publics récemment? Y avez-vous réussi? Si oui, combien de temps d’attente vous a-t-il fallu tolérer?», demande le président de l'APQ, s'adressant directement aux citoyens.

Ce dernier souhaite provoquer un grand dialogue entre son association professionnelle, la population et les décideurs politiques, afin d'enfin faire tomber les barrières du tabou et de l'incompréhension. 

«Quand la population se fait une tête sur ce qu’elle veut, elle envoie un puissant message aux décideurs politiques», conclut-il.

MSQ derrière

Du 7 au 13 mai prochain, le Mouvement Santé mentale Québec (MSQ), organisme derrière la programmation de la semaine thématique, convie le public à plusieurs activités, panels et conférences.

«Quand une personne sent qu’elle est l’instigatrice de ses actions et qu’elles sont en lien avec ses valeurs, lorsqu’elle peut faire des choix pour atteindre ses objectifs, qu’elle sent qu’elle fait des progrès et qu’on reconnaît sa valeur, qu’elle aime, se sent aimée et intégrée, elle a alors de nombreux ingrédients pour favoriser sa santé mentale», souligne Renée Ouimet, la directrice du Mouvement Santé mentale Québec, en lever de rideau de la semaine.

Au Québec, le tiers des réclamations d'assurances découle directement d'un problème de santé mentale. 

Des collectes de données dans les Amériques, en Europe et en Asie confirment déjà que les besoins d’autonomie, de compétence et d’affiliation sociale sont universels, et que leurs satisfactions mènent à des conséquences bénéfiques en milieux de travail, selon le professeur en organisation et ressources humaines de l'UQAM, Jacques Forest.

 «Répondre à ces besoins et investir 1$ en milieu de travail pour prendre soin des employé(e)s permettrait aux organisations d’économiser 3.19$ et de souscrire à une vie plus heureuse et moins stressée.»