Samuel Larouche a complété avec succès un baccalauréat en kinésiologie.

Samuel Larouche, tétraplégique, obtient son bac en kinésiologie

Cinq ans après un accident de gymnastique qui l’a rendu tétraplégique, Samuel Larouche est bachelier en kinésiologie de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Même si les circonstances de la vie lui ont demandé une certaine réorientation, la volonté d’apprendre et la capacité d’exceller ont toujours fait partie du jeune homme de 25 ans.

Samuel Larouche a ce brûlant désir d’apprendre de nouvelles choses et son amour pour les études ne s’est jamais essoufflé. L’obtention d’un baccalauréat n’était donc pas le défi ultime, celui de concilier les différentes facettes de sa vie étant plus imposant.

« Le défi était surtout d’arriver dans un milieu que je ne connaissais pas, en fauteuil roulant, d’autant plus que je ne connaissais pas toutes mes capacités après avoir quitté le centre de réadaptation quelques mois avant mon arrivée à l’université, a soulevé Samuel Larouche. J’ai eu à vivre toute l’intégration sociale, en plus de respecter un horaire de cours. J’ai eu à jongler avec toutes les sphères d’une vie normale, mais sinon, j’ai très bien réussi en classe. Compléter un baccalauréat n’était pas un défi, mais bien un objectif. »

Avant d’être victime d’un accident, le finissant visait une carrière de physiothérapeute. Ses limitations physiques l’ont obligé à revoir ses aspirations, mais lui ont aussi permis de découvrir de nouveaux aspects de la kinésiologie. « Avec les cours optionnels qui sont offerts, on a la chance de mettre notre parcours scolaire à notre couleur », a fait remarquer Samuel Larouche.

L’univers de la promotion des saines habitudes de vie, de la prévention et de la santé publique sont des volets qui intéressent le jeune homme, décoré de mentions d’excellence au cours de ses études de premier cycle.

Samuel Larouche n’est pas le seul à ressortir gagnant de son passage au programme de kinésiologie. Pour la première fois, celui-ci comptait sur un étudiant handicapé dans ses rangs. Le corps professoral de l’UQAC a ajusté le tir et la Fédération des kinésiologues du Québec s’est assurée que les exigences soient respectées malgré certaines limites physiques.

« En ayant les mains paralysées, il y a des manipulations que je ne pouvais faire, a mis en contexte Samuel Larouche. Les professeurs ont utilisé ce nouvel aspect pour développer un autre créneau et voir le programme différemment. »

Le futur kinésiologue n’a pas vécu de véritables embûches au cours de son parcours universitaire. Le respect de l’horaire a été plus difficile, mais l’UQAC a offert tous les outils pour agir en tant qu’élément facilitateur.

« Le personnel de l’université a vraiment été conciliant et réceptif, a reconnu Samuel Larouche. Le service adapté a également été super. Si je ne l’avais pas eu, ça n’aurait pas été aussi simple. »

En plus d’exceller sur les bancs d’école, Samuel Larouche s’est démarqué en para-athlétisme, l’été dernier, lorsqu’il a réédité deux records canadiens dans sa catégorie, au 100 et au 400 mètres, à la course en fauteuil roulant. Il tentera d’obtenir sa classification internationale au cours des prochains mois, ce qui lui permettrait d’accéder à des compétitions mondiales.

Enfin, l’étudiant-athlète recevra la Médaille du Lieutenant-gouverneur pour la jeunesse, le 17 mai.