Au terme d’un point de presse tenu au parc Jacques-Cartier en compagnie des quatre autres candidats péquistes de l’Estrie, M. Rousseau s’en est pris vivement à la position de QS qui veut « sortir » le Québec de la bourse du carbone.

Rousseau tire à boulets rouges sur QS

Guillaume Rousseau, du Parti québécois, y est allé d’une charge à fond de train, vendredi matin, contre Québec solidaire (QS) dans le dossier de l’environnement. Le candidat dans Sherbrooke a en effet comparé la position environnementale de QS à un « melon d’eau » tout en associant l’idéologie du parti à celle de la « gauche radicale ».

Au terme d’un point de presse tenu au parc Jacques-Cartier en compagnie des quatre autres candidats péquistes de l’Estrie, M. Rousseau s’en est pris vivement à la position de QS qui veut « sortir » le Québec de la bourse du carbone.

« La bourse du carbone est une logique de marché. On applique une logique de marché pour atteindre une fin écologique. Mais eux, parce que c’est une logique de marché, ils sont contre. Ça n’a pas de bon sens! Nous, au Parti québécois, on veut des gains environnementaux : que ce soit par l’entreprise privée, que ce soit par des mécanismes issus du marché ou par l’État, peu importe. Le moyen n’est pas important, ce qui compte, c’est la fin.»

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Melon d’eau 

Puis, M. Rousseau a repris à son compte l’analogie du « melon d’eau », utilisée dans les médias sociaux, pour décrire Québec solidaire : 

« Autant Doug Ford est idéologue de droite, autant Québec solidaire est idéologue de gauche en voulant sortir du marché du carbone. Et ça, c’est absolument inacceptable comme position. Ça me fait dire, de manière plus générale, que Québec solidaire, c’est ce que j’appelle un melon d’eau : ils sont verts à l’extérieur — ils parlent d’écologie pour aller chercher les urnes, ils instrumentalisent la question écologique — mais à l’intérieur, ils sont rouges, d’une gauche radicale. Dès qu’il y a une solution inspirée du marché, ils ne veulent rien savoir, même si ça serait bon pour l’environnement. C’est inacceptable comme position et je suis très content que M. Lisée en ait parlé hier (NDLR: lors du débat télévisé de jeudi à TVA). »

QS réagit

La candidate dans Sherbrooke pour Québec solidaire, Christine Labrie, a réagi après la déclaration de M. Rousseau. « Je tiens à remercier M. Rousseau de nous donner l’occasion d’exposer notre plan de transition économique. Le fonctionnement des bourses du carbone permet aux entreprises qui en ont les moyens d’acheter le droit de polluer, et ces bourses n’ont pas eu les impacts souhaités pour réduire significativement les GES. Nous souhaitons plutôt mettre en place une écofiscalité progressive qui aura pour effet d’augmenter le coût des options polluantes. Dans l’immédiat, nous souhaitons demeurer dans la Bourse du carbone, car il s’agit d’un apport de fonds important pour financer notre transition économique », a-t-elle mentionné dans un communiqué de presse.

« J’invite M. Rousseau à faire état de ses propositions pour lutter contre les changements climatiques, et à continuer de s’inspirer de celles de Québec solidaire pour bonifier le programme du Parti québécois, a poursuivi Mme Labrie. On ne tient pas à être les seuls à proposer des moyens concrets pour atteindre nos objectifs en matière environnementale. Nous traversons une crise, et l’heure n’est plus à la partisanerie. »

Fortin en ajoute

De son côté, Luc Fortin croit que son adversaire Guillaume Rousseau a fait cette analogie de melon d’eau par peur. « Ce qu’on entend sur le terrain, c’est que ça trahit l’esprit de M. Rousseau qui est en panique après la piètre performance de Jean-François Lisée, hier, au débat des chefs. Également, ce qu’on entend, c’est qu’il pourrait terminer en quatrième place à Sherbrooke. J’ai trouvé ça assez questionnable d’utiliser des analogies avec des fruits pour attaquer des idées de QS. [...] Pour une sortie comme celle-là, c’est lui qui mériterait un prix citron! », a analysé le député sortant. Avec Tommy Brochu