Quatre poursuites contre le Village Vacances Valcartier

Quatre poursuites civiles en dommages ont été déposées au cours des derniers jours contre le Village Vacances Valcartier pour quatre accidents distincts, survenus depuis trois ans.

À quelques jours de la semaine de relâche, un même cabinet d’avocats, Tremblay Bois Mignault Lemay, a déposé quatre poursuites civiles au nom de clientes blessées dans les installations du centre récréatif bien connu. 

Me Étienne Giasson, avocat responsable des dossiers, explique que, fruit du hasard, les quatre clientes ont contacté le cabinet durant la même période l’an dernier. Les réclamations ont été initiées en même temps par l’envoi de mise en demeure. «Il était connu de toutes les parties que si ces démarches n’aboutissaient à rien après un an, les dossiers seraient judiciarisés pour ne pas perdre davantage de temps, écrit Me Giasson. Les quatre dossiers étaient prêts à être judiciarisés en même temps. La date de dépôt des procédures a été dictée par le délai de prescription pour l’une des réclamation (28 février 2019) et n’est aucunement une démarche concertée ou planifiée en lien avec la relâche scolaire.»

Éjectée d’une chambre à air

Une mère de famille de Québec, Julie Frenette, a intenté un recours après un accident subie par sa fille de 13 ans, le 28 février 2016. Après avoir dévalé la pente, l’adolescente est entrée en collision avec des cousins, dans un creux au bas de la piste. La jeune fille a été éjectée de sa chambre à air et s’est cognée la tête au sol. 

Selon la poursuite, l’adolescente s’est alors mise à hurler de douleur, en se tenant la tête. Elle était étourdie et a même vomi avant d’être conduite à l’infirmerie puis transférée à l’hôpital en ambulance.

Les médecins ont constaté une triple fracture du crâne et un traumatisme cranio-cérébral, notamment. Selon la poursuite, la jeune fille a eu une longue et pénible convalescence et est toujours aux prises avec des maux de tête importants. 

Depuis l’accident, les notes scolaires de l’adolescente auraient « chuté drastiquement », au point où la jeune fille a redoublé son secondaire à deux reprises et a finalement décroché en septembre dernier. 

La mère réclame 900 000$ en dommages pour sa fille et 87 500$ pour tous les frais encourus et les dommages qu’elle a elle-même subis.

Trois poursuites pour le bora parc

Nathalie Pouliot, une adjointe administrative de 49 ans vivant à Fossambault-sur-le-lac, a subi un accident lors de sa première visite au Bora Parc le 10 avril 2017. Le nouveau parc de glissades d’eau a ouvert ses portes en décembre 2016.

Avec son filleul de trois ans, la dame s’est rendue à la glissade baptisée le Cobra. En s’asseyant pour glisser, Mme Pouliot a brusquement perdu pied et fait une chute vers l’arrière. Elle s’est alors violemment cognée l’arrière de la tête sur la glissade. La dame dit avoir eu une courte perte de conscience.

Pour, dit-elle, rassurer son filleul, la dame a glissé avec lui. Dans le bas de la glissade, Mme Pouliot s’est aperçue qu’elle saignait. Elle a trouvé un préposé qui l’a conduite au vestiaire où elle a pu voir une lacération importante à sa tête.

Selon la poursuite, le préposé s’est limité à suggérer à Mme Pouliot d’aller à l’hôpital. Elle s’est rendue elle-même à l’hôpital de Portneuf où, selon la poursuite, un traumatisme crânien a été constaté et une lacération de huit centimètres sur son cuir chevelu a été recousue.

Selon les allégations de la poursuite, la direction du Bora Parc a corrigé le problème de la glissade le Cobra en y ajoutant des bandes antidérapantes. La dame dit conserver plusieurs séquelles de son accident, notamment des vertiges. Elle a été en arrêt de travail durant six mois. Elle réclame au total 505 000$.

Mélanie Beaulieu-Morin, 31 ans, gérante et cuisinière dans un restaurant de Québec, a été victime d’un accident dans l’attraction Vague de Surf lors de sa première visite au Bora Parc, le 3 mai 2017. 

Novice en surf, Mme Beaulieu-Morin se serait fait dire par la surveillante de se placer les pieds de façon perpendiculaire à la planche et d’écarter les bras.

La cliente du Bora Parc a fait une brusque chute vers l’avant et s’est cognée la tête sur le fond du bassin, dit-elle. Une vague l’a ensuite propulsée sur un muret où elle s’est à nouveau frappé la tête.

Mme Beaulieu-Morin allègue avoir perdu connaissance durant 25 minutes dans les vestiaires. Elle estime que les secours étaient « complètement désorganisés ». La dame a été conduite en ambulance à l’hôpital où les médecins ont diagnostiqué un traumatisme cranio-cérébral. Elle a dû être hospitalisée durant 14 jours.

La dame affirme conserver d’importantes séquelles, notamment des céphalées chroniques et des crises d’épilepsie fréquentes. Elle a été en arrêt de travail durant cinq mois après l’accident puis à nouveau depuis la mi-janvier 2019. Tout indique qu’elle ne pourra travailler à court et à moyen terme, allègue-t-on dans la poursuite.

Parmi les nombreuses limitations alléguées, elle ne peut plus conduire et a besoin d’aide dans ses tâches quotidiennes. Elle réclame une somme de 1 307 000$.

Jade Parent, une travailleuse du domaine de l’assurance de 38 ans vivant à Québec, s’est rendue au Bora Parc pour la première fois le 30 juin 2017 avec son conjoint et ses deux enfants. 

Ils ont décidé d’essayer la Vipère, une glissade couverte. Dans un virage, la dame, qui glissait en position assise, dit que sa tête a violemment heurté le haut du tube. Elle aurait alors entendu un bruit de craquement et a été projetée sur le dos. 

Étourdie et avec une grosse bosse à la tête, elle a été conduite à l’hôpital où un traumatisme cranio-cérébral a été diagnostiqué, toujours selon les allégations de la poursuite.

Jade Parent a dû s’absenter de son travail durant trois mois. Elle a suivi de nombreux traitements et est toujours médicamentée. Elle réclame un montant total de 313 500$.

Pas de compromis sur la sécurité

La porte-parole du Village Vacances Valcartier, Marie-Ève Doyon, ne pouvait commenter les dossiers présentement en cours.

« Le Village Vacances Valcartier est un lieu phare dans la région pour les loisirs familiaux depuis 50 ans et on aura toujours à coeur d’offrir des loisirs dans un contexte sécuritaire, assure Mme Doyon. Il n’y a pas de compromis sur la sécurité. »