Plus tôt ce mois-ci, Justin Trudeau a critiqué certains gouvernements provinciaux qui «se sont traîné les pieds en ce qui concerne la soumission de projets au nom de leurs villes et de leurs communautés». Au même moment, le ton montait entre Québec et Ottawa concernant le financement du tramway souhaité par la Ville de Québec, entre autres.

Projets d'infrastructures: les villes s'estiment les mieux placées pour décider

OTTAWA — Alors que des tensions subsistent entre Ottawa et les provinces pour le financement des infrastructures, un nouveau sondage démontre que les Canadiens croient que les municipalités sont les mieux placées pour choisir les projets qui devraient voir le jour dans leur communauté.

Le coup de sonde de la firme Abacus Data, mené pour la Fédération canadienne des municipalités (FCM), démontre qu'une grande majorité croit que les municipalités devraient exercer un plus grand contrôle sur la gestion des projets d'infrastructures locaux (86 %), mais aussi sur le choix des projets à financer (83 %).

Ils sont aussi nombreux à penser que les paliers fédéraux et municipaux ne se parlent pas assez (82 %) et qu'un financement permanent et consacré aux municipalités est une «bonne idée» ou une «très bonne idée» (84 %).

La présidente de la FCM et mairesse de Magog, Vicky May Hamm, pense que les villes devraient avoir leur place à la table pour décider des projets qui verront le jour.

L'idée n'est pas de contourner le palier provincial, dit-elle, mais bien d'avoir une relation «plus directe» avec Ottawa pour relever les défis locaux.

«Pour des défis nationaux aussi importants que les changements climatiques, on a les solutions. Elles sont chez nous, elles sont sur le terrain, faites-nous confiance», plaide Mme Hamm.

Plus tôt ce mois-ci, le premier ministre canadien Justin Trudeau a critiqué certains gouvernements provinciaux qui «se sont traîné les pieds en ce qui concerne la soumission de projets au nom de leurs villes et de leurs communautés».

Au même moment, le ton montait entre Québec et Ottawa concernant le financement du tramway souhaité par la Ville de Québec, entre autres.

La présidente de la FCM admet qu'il est parfois «tendu» et «difficile» de faire avancer des projets d'infrastructures, qu'ils proviennent des grandes villes ou des milieux ruraux, dans un contexte préélectoral.

Elle se questionne sur ces conflits alors que Québec dispose de marges de manoeuvre «comme jamais auparavant». «Il y a des enjeux importants. Il y a beaucoup d'argent sur la table. L'argent est là, les outils sont là, mais c'est comme si le mécanisme n'est pas huilé», avance Mme Hamm.

Les chefs des principaux partis politiques devraient prononcer des allocutions au congrès annuel de la FCM, qui se déroulera à Québec du 30 mai au 2 juin.

Mme Hamm compte marteler son message que les municipalités devraient pouvoir obtenir un financement permanent et stable pour faire avancer leurs propres projets et prévoir à long terme.