Des rues de Trois-Rivières et Shawinigan, dont l’avenue Willow, deviendront piétonnières cet été et les restaurateurs pourront y faire déborder leurs terrasses.
Des rues de Trois-Rivières et Shawinigan, dont l’avenue Willow, deviendront piétonnières cet été et les restaurateurs pourront y faire déborder leurs terrasses.

Projet pilote de terrasses sur la voie publique pour Trois-Rivières et Shawinigan

Trois-Rivières — L’été pourra finalement avoir une saveur toute particulière à Trois-Rivières et Shawinigan, alors que les deux centres-villes serviront de projet pilote au niveau de la province pour l’aménagement de terrasses extérieures sur la voie publique. Le projet, piloté par Trois-Rivières Centre et le Regroupement des gens d’affaires de Shawinigan et appuyé par les deux Villes, devrait recevoir l’aval de la Régie des alcools, des courses et des jeux au cours des prochains jours. Des terrasses pourront donc y être aménagées lorsque le feu vert du gouvernement aura été donné pour la réouverture des restaurants.

À Shawinigan, ce projet se concrétisera par la fermeture de la 5e Rue de la Pointe et de l’avenue Willow afin de les rendre piétonnières. Cette fermeture inclura du même coup l’accès piétonnier par des portions des rues Tamarac et Mercier qui seront également fermées à la circulation automobile. À Trois-Rivières, ces fermetures concerneront à coup sûr la rue des Forges, mais également d’autres rues qui demeurent à être confirmées, alors que Trois-Rivières planche aussi sur un vaste projet de parcours piétonnier qui fera l’objet d’une annonce prochainement.

Sur ces espaces, les restaurateurs pourront aménager des terrasses sur la voie publique, en respect des normes de distanciation sociale et des mesures qui auront été approuvées par le gouvernement Legault en regard du taux d’occupation permis pour les restaurants et terrasses, lorsque leur réouverture sera autorisée. Du même coup, les intervenants s’entendent pour dire qu’on vient également régler un problème de sécurité, alors que les piétons, depuis le début de la pandémie, se sont naturellement appropriés ces lieux et que leur fermeture pour la période estivale permettra un plus grand respect des normes de distanciation sociale.

Claude Villemure, président du Regroupement des gens d’affaires de Shawinigan.

«L’ouverture et l’écoute reçue de la part de la Régie démontre vraiment que tout le monde est en mode solution. Dès que nous avons soumis l’idée, ça n’a pas été long que la présidente de la Régie, France Lessard, a demandé à faire partie des discussions. Ils font vraiment tout pour nous faciliter la tâche», indique le président du Regroupement des gens d’affaires de Shawinigan, Claude Villemure, qui prévoit le dépôt du projet final d’ici deux jours, et une approbation définitive au courant de la semaine prochaine.

À Trois-Rivières, la directrice générale de Trois-Rivières Centre, Gena Déziel, estime qu’il s’agit d’une extraordinaire nouvelle étant donné que ce projet commun permettra à plusieurs restaurateurs et commerçants d’en tirer profit. «Ce qui est beau là-dedans, c’est de constater à quelle vitesse les choses se sont enchaînées après l’envoi de notre lettre à la Régie et au ministre Jean Boulet. On voit que tout le monde est ouvert à nous faciliter les choses», convient-elle.

Gena Déziel, directrice générale de Trois-Rivières.

Le lien a d’ailleurs été fait avec l’Union des municipalités du Québec, qui accompagne les deux villes dans les démarches. Lorsque le projet de Trois-Rivières et Shawinigan aura été approuvé, il pourrait faire école pour d’autres villes au Québec qui souhaiteraient aller de l’avant elles aussi cet été avec la conversion d’espaces publics.

«L’objectif est vraiment de sauver la mise pour nos restaurateurs cet été. C’est une période très importante pour eux, et comme l’automne ne s’annonce pas nécessairement plus facile, on essaie de tout miser pour leur faciliter la vie. Le pari qu’on fait, c’est que les gens ne voyageront pas, vont plutôt choisir de redécouvrir leur coin de pays et avec notre campagne faisant la promotion de l’achat local, ça va générer un bon achalandage», estime Michel Angers, maire de Shawinigan, qui a tenu à saluer la mobilisation de Claude Villemure et Gena Déziel dans ce dossier régional.

Pour le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, il importait que la région soit la première sur la ligne de départ lors de la réouverture attendue des restaurants. «C’est un dossier très positif qui relie à la fois la relance économique, le respect des normes de santé publique mais également le tourisme intérieur sur lequel on veut miser», souligne M. Lamarche.

Le conseiller municipal du district Marie-de-l’Incarnation à Trois-Rivières, Denis Roy, est d’avis que l’expérience viendra également bonifier dans le futur divers projets que la Ville avait l’intention de déployer avant l’arrivée de la pandémie, dont les aménagements transitoires prévus au centre-ville, comme les fameux placottoirs, ou encore l’aménagement de corridors cyclables. 

«La situation nous permet d’expérimenter des choses cet été, et les gens vont y goûter. Ça pourrait ouvrir les portes à un paquet de trucs intéressants. C’est pour ça qu’il faut bien le faire, qu’il ne faut pas se tromper», croit-il.