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Projet de loi 59: un recul pour le secteur minier, croient les Métallos

Steeve Paradis
Steeve Paradis
Collaboration spéciale
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Ne comptez sur les Métallos pour mousser le projet de loi 59, qui vise à moderniser le régime de santé et de sécurité du travail au Québec. Le syndicat, qui représente plusieurs travailleurs dans le secteur minier, assure que ce projet de loi, présentement étudié en commission parlementaire, constitue un recul par rapport à la précédente loi, qui date de 1979.

«Avec ce projet de loi, il n’y aurait même plus d’exigences minimales en matière de santé-sécurité. Même le programme de prévention, pièce maîtresse en santé-sécurité dans une entreprise, va être choisi par l’employeur seulement. […] On veut dénaturer la loi actuelle», a lancé le directeur québécois des Métallos, Dominic Lemieux.

«Laisser seuls aux employeurs le soin de faire de la prévention, ce n’est pas vrai que ça va fonctionner», a enchaîné le dirigeant, faisant valoir que ce n’est pas parce que le nombre d’accidents de travail a diminué au fil des ans que le problème est réglé pour autant. «C’est comme si on disait que comme il y a moins d’accidents de voiture en hiver, on va arrêter de mettre du sel dans les rues et on va enlever l’obligation de mettre des pneus d’hiver», a-t-il imagé.

Le directeur des Métallos a aussi indiqué que le projet de loi réduit les indemnités et l’accès à des services pour les travailleurs qui se blessent ou qui sont malades en raison de leur emploi. «Ça va avoir l’effet néfaste que les employeurs vont faire moins de prévention», clame-t-il.

M. Lemieux demande que le projet de loi 59 soit carrément rejeté. «On aime mieux notre vieille loi d’il y a 40 ans», a-t-il soutenu en ajoutant que «d’ici quelques années, des conflits de travail vont naître, non pas pour les salaires, mais pour garder des comités de santé et sécurité qui fonctionnent».

«Avec le sang des travailleurs»

Président du syndicat des travailleurs de la mine Westwood, en Abitibi, propriété d’Iamgold, André Racicot a affirmé que «les lois et règlements dans les mines ont été écrits avec le sang des travailleurs» et que les «indemnités de remplacement de revenu sont assujetties à de nouvelles règles pour en limiter l’accès».

Ce dernier fait aussi valoir que si les indemnités pour un accident de travail ou une maladie professionnelle sont réduites ou carrément coupées, ceux et celles qui en sont victimes n’auront pas le choix de se dénicher un autre emploi pour survivre «et il n’y a pas un employeur qui va toucher à ces travailleurs, même avec une perche de 100 pieds».

Représentante syndicale de la prévention à l’une des deux mines d’ArcelorMittal à Fermont, sur la Côte-Nord, Nadine Joncas dit rejeter l’argument de certains, qui voient les représentants de la prévention comme «une dépense injustifiée». La santé et la sécurité du travail devraient plutôt être considérées comme un investissement, argue-t-elle.

Éric Savard, président du syndicat de la mine Raglan, au Nunavik, qui appartient au géant minier Glencore, soutient pour sa part que la mondialisation a peut effet de niveler par le bas les normes en matière de santé et de sécurité du travail. «Les compagnies sont de plus en plus puissantes et on (les syndicats) de moins en moins puissants. Les batailles ne sont pas toujours égales.»

Les Métallos ne sont pas le seul syndicat à décrier le projet de loi 59. La CSN, la CSN et la FTQ, entre autres, ont déjà fait connaître leur opposition.

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