La fille et le bras droit du pasteur Claude Guillot, Isabelle (à droite), a commencé à témoigner mardi, à la défense de son père (au centre), qui subit son procès pour des accusations de sévices physiques et psychologiques sur six anciens élèves.

Procès du pasteur Claude Guillot: au service de Dieu, dès l’adolescence

Les garçons, le magasinage, le cinéma, les cours de conduite. Isabelle Guillot n’a jamais été une adolescente comme les autres. À 16 ans, elle a choisi de donner sa vie au Seigneur.

La fille et le bras droit du pasteur Claude Guillot a commencé à témoigner mardi, à la défense de son père, qui subit son procès pour des accusations de sévices physiques et psychologiques sur six anciens élèves.

Âgée de 44 ans, Isabelle, l’aînée des trois filles Guillot, témoigne d’une voix douce, avec un langage soigné. Depuis qu’elle est toute petite, elle porte des vêtements s’accordant aux valeurs religieuses de sa famille baptiste. Pour témoigner au palais de justice, elle a choisi une jupe longue et un veston assorti, enfilé sur un col roulé noir.

Isabelle Guillot a passé son enfance à l’école chrétienne de Victoriaville, où son père a été directeur. Deux des six plaignants y ont étudié. Elle garde de bons souvenirs de jeux dans la cour de récréation, de récompenses. Elle sait que la correction physique y était administrée, mais n’en a jamais été témoin.

Claude Guillot perdra son emploi comme directeur à l’école La Bonne Semence de Victoriaville et déménagera sa famille à Québec. Isabelle, son frère et ses sœurs ont d’abord suivi l’école à la maison puis ont intégré l’école chrétienne L’Eau-Vive du quartier Neufchâtel.

En secondaire 3, Isabelle Guillot vit durement la différence entre elle et les autres adolescents de son âge, tous vêtus de jeans et de t-shirt. Elle s’amourache d’un garçon, mais ne peut pas lui dire, encore moins sortir avec lui. 

Sa relation avec sa mère et son père, pasteur, devient plus difficile. Isabelle Guillot va terminer son secondaire 5 à la maison. «Au début, ça ne me plaisait pas, témoigne Isabelle. Mais rapidement, la pression du groupe est tombée, j’ai pu me concentrer sur mes études.»

Au printemps 1993, à l’âge de 16 ans, après avoir, dit-elle, beaucoup lutté contre cette idée, la fille du pasteur décide de lâcher prise et de mettre sa vie au service de Dieu. «Je sais que ça va coûter cher, mais je veux servir.»

Elle commence par faire le ménage à l’église baptiste de son père puis offre de garder les enfants des fidèles, pour donner un répit aux parents.

En 1997, après avoir fréquenté l’école biblique et pris des cours de grec et d’hébreu, Isabelle Guillot devient la secrétaire de la petite église baptiste. Dorénavant, elle fait équipe avec son père. C’est elle qui, deux ans plus tard, va prendre des renseignements auprès de l’organisme ACE (accelerated christian education), basé au Manitoba en vue d’ouvrir une école.