Le palais de justice de Québec
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Procès de pornographie juvénile: pénible travail pour les jurés

«Seulement de très courts extraits, s’il vous plaît, M. Belley...»

La procureure de la Couronne Me Sonia Lapointe n’a pas le choix de montrer des images aux jurés pour faire sa preuve. C’est le sergent-détective Éric Belley de la Sûreté du Québec qui est aux commandes de l’ordinateur qui sert à présenter la preuve délicate.

Jean-Baptiste Abel, un technicien informatique de 30 ans, subit son procès pour avoir accédé, possédé et distribué des photos et vidéos de pornographie juvénile. 

Habituellement, toutes les pièces déposées en preuve dans un procès criminel sont publiques et accessibles. 

Mais cette fois-ci, exceptionnellement, le juge Carl Thibault de la Cour supérieure les a fait mettre sous scellé. En salle d’audience, tous les écrans ont été détournés pour que le public ne puisse pas les voir.

Dans un silence lourd, le sergent-détective Belley décrit d’une voix neutre les photos et les vidéos saisies dans le matériel informatique de l’accusé. 

Il parle de fillettes de cinq ans nues, de jeunes filles prépubères en petites tenues. Il évoque des hommes adultes qui donnent des directives aux enfants, qui les agressent sexuellement de toutes les manières possibles.

Après quelques minutes, le juge Thibault suggère une pause. Les jurés devront ensuite revenir entendre les descriptions et voir des extraits.

Dénoncé par Facebook

C’est le réseau social Facebook qui a dénoncé, le 12 octobre 2015, l’envoi par l’un de ses utilisateurs, d’une photo identifiée comme de la pornographie juvénile.

La dénonciation a transité par le centre de coordination américain pour la lutte à l’exploitation sexuelle des mineurs puis par le centre canadien géré par la Gendarmerie royale du Canada jusqu’à la Sûreté du Québec, puisque l’internaute vivait à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier.

En octobre 2016, le sergent-détective Éric Belley de la Sûreté du Québec est allé rencontrer son suspect, à son emploi sur la base militaire de Valcartier.

Abel a indiqué avoir du matériel informatique chez lui. Il a aussi confirmé que l’adresse Internet fournie par Bell sur ordre de la cour était bien la sienne.

L’homme a été arrêté puis interrogé durant environ cinq heures. Selon la poursuite, il a tenu des propos incriminants, que les jurés pourront entendre.