La cimenterie McInnis de Port-Daniel-Gascons
La cimenterie McInnis de Port-Daniel-Gascons

Poussière collante: PQ et QS somment McInnis de «faire preuve de transparence»

Simon Carmichael
Simon Carmichael
Initiative de journalisme local - Le Soleil
Le Parti québécois et Québec solidaire pressent la cimenterie McInnis de Port-Daniel de faire «preuve de plus de transparence» dans le dossier de la pluie de poussière collante qui y émane. Les deux partis demandent à l’entreprise, dont la construction a été fortement financée par Québec, de donner «l’heure juste sur les causes et les conséquences de cette poussière».

«Il y a un manque de respect envers les citoyens. L’opacité de McInnis est vraiment inacceptable», martèle le député péquiste de Bonaventure, Sylvain Roy. Tout comme ses collègues de Québec solidaire, il dénonce le manque de communication de la cimenterie. «On ne devrait pas avoir à leur tordre un bras pour qu’ils tiennent la population au courant !», lance-t-il. 

Il en a aussi contre certaines façons de faire de McInnis, notamment en ce qui a trait à la communication du problème avec les instances environnementales et gouvernementales. «Les citoyens communiquaient directement avec la cimenterie, ils venaient nettoyer la poussière et repartaient. Sans parler de camouflage, on peut dire que la cimenterie était très discrète sur ce problème», note M. Roy, expliquant ne pas avoir été interpellé par les citoyens avant que les épisodes de poussière se retrouvent dans les médias. 

Il y a quelques jours, le ministère de l’Environnement a d’ailleurs envoyé un avis de non-conformité à la cimenterie comme elle «a mis plusieurs heures avant d’aviser le Ministère de cette émission de poussière». «C’est un moteur économique extrêmement important pour la région, mais ça n’enlève absolument pas la responsabilité de protéger la santé des gens et l’environnement autour», ajoute-t-il. 

Québec solidaire aussi dénonce le manque de transparence de l’entreprise, particulièrement parce qu’elle a été hautement financée avec de l’argent public. «Les Québécois ont investi collectivement plus de 800 millions $ dans la cimenterie. Pourquoi le gouvernement n’utilise-t-il pas ce levier pour obliger la compagnie à faire preuve de transparence et à mieux protéger la santé des Gaspésiens?», se demande la députée et porte-parole solidaire en matière d’environnement Ruba Ghazal. Elle demande au gouvernement s’engager à communiquer le plus rapidement possible les causes et les conséquences de ces émanations.

De son côté, le Parti libéral du Québec a préféré ne pas commenter le sujet pour l’instant. 

Sources et conséquences incertaines

Depuis quelques semaines, de nombreux citoyens de la municipalité de Port-Daniel-Gascons, en Gaspésie, ont remarqué des dépôts de poussière collante particulièrement difficile à déloger sur leurs terrains, voitures et maisons. Personne ne semble savoir de quoi cette poussière est constituée et si elle représente un risque pour la santé. 

«Il y a des personnes âgées qui résident à la même place depuis des années. Maintenant, ils ont peur de sortir parce qu’ils ne veulent pas avoir des problèmes respiratoires», déplore le député de Bonaventure. Plusieurs résidents se demandent aussi quoi faire avec ces dépôts, notamment en ce qui a trait aux jardins et aux arbres fruitiers», rapporte-t-il.

«Est-ce que tout le monde doit abandonner son jardin? Est-ce qu’on peut manger les fruits des arbres à proximité? On ne sait pas, personne ne le sait.» 

Le ministère de l’Environnement a récemment ouvert une enquête sur la poussière collante s’échappant de l’usine et assure que la qualité de l’air aux abords de la cimenterie est analysée en continu par l’entreprise. Les données recueillies dans les dernières semaines seront analysées par le Ministère au cours des prochains jours.