En 2007, Claude Poirier était intervenu dans le dossier de la disparition de Cédrika Provencher à la demande de ses parents, Karine Fortier et Martin Provencher.

Poursuite de Jonathan Bettez: «il est grand temps qu’on aille au fond des choses», selon Claude Poirier

Trois-Rivières — Le chroniqueur judiciaire Claude Poirier souhaiterait vivement que la poursuite que vient de déposer Jonathan Bettez et sa famille contre la Sûreté du Québec, la procureure générale du Canada ainsi que des enquêteurs, se rende jusqu’au bout du processus judiciaire et ne fasse pas l’objet d’une entente hors cour. Selon M. Poirier, il est grand temps qu’on aille au fond des choses dans cette histoire et que Jonathan Bettez réponde à plusieurs questions dans le cadre d’un éventuel procès.

«Je souhaite seulement qu’il n’y ait pas de couchette entre les parties, qu’on n’en arrive pas à une entente qui ferait qu’on n’aurait jamais de réponse dans cette histoire. Il est grand temps qu’on aille au fond des choses», croit celui qui se fait appeler le «négociateur».

Rappelons qu’en lien avec son acquittement, en octobre dernier pour des dossiers de possession et distribution de pornographie juvénile, Jonathan Bettez et sa famille poursuivent maintenant la SQ, le ministère public et les enquêteurs au dossier pour une somme de 10,45 M$. Ce montant vise non seulement à couvrir les dommages causés à la réputation de M. Bettez et ses parents, mais aussi les pertes encourues à la suite de la vente de l’entreprise familiale, Emballages Bettez.

Pour Claude Poirier, une telle poursuite déposée par M. Bettez et sa famille peut représenter aussi un défi pour les poursuivants. «Une pareille poursuite est toujours un couteau à deux tranchants. Ce sera pris en charge par de grands cabinets d’avocats de Montréal qui ont de l’expérience là-dedans, et un tel procès va forcément vouloir dire que des questions vont être posées et que M. Bettez devra y répondre. Si on s’en tient à une entente entre les parties, on ne saura jamais la vérité», croit le chroniqueur judiciaire.

On se souviendra qu’à l’automne 2007, quelques semaines après la disparition de Cédrika Provencher, les parents de la jeune fille ont fait appel aux services de Claude Poirier afin de recueillir de l’information confidentielle provenant du public, information qui pourrait servir à faire avancer l’enquête concernant la disparition de la petite. Cette opération avait permis à M. Poirier de recueillir des centaines d’informations, mais n’avait pas permis de mener à l’arrestation d’un ou de plusieurs suspects. La petite Cédrika a finalement été retrouvée sans vie en décembre 2015 dans un boisé aux limites du secteur Sainte-Marthe et de la municipalité de Saint-Maurice. À ce jour, personne n’a encore jamais été accusé en lien avec cette histoire.

Dans son jugement rendu en octobre dernier, le juge Jacques Lacoursière avait conclu que dans l’enquête en lien avec la pornographie juvénile, les policiers avaient procédé à une «partie de pêche» et que les droits de l’accusé avaient été bafoués. La poursuite déposée par M. Bettez et sa famille indique également que les policiers ont volontairement fait un lien entre cette enquête pour pornographie juvénile et celle sur le meurtre de Cédrika Provencher, ce que l’avocat de la famille a déploré. Jonathan Bettez vivrait aujourd’hui de l’aide sociale et est considéré comme persona non grata partout au Québec, ajoute la poursuite.

Pour Claude Poirier, le jugement du juge Lacoursière avait sa raison d’être, puisqu’il estime lui aussi que le travail dans cette enquête et durant ce procès a parfois été mal fait.

«Ce qui reste malheureux là-dedans, c’est qu’il y a une petite fille qui est morte et qu’on n’a toujours pas de réponse», déplore-t-il.