Une cliente poursuit Ode Salon styliste et l’un de ses coiffeurs pour la somme de 408 000 $ en raison des brûlures qu’elle aurait subies lors de l’application d’une teinture en mai 2015.

Poursuite de 408 000$ contre un salon de coiffure

TROIS-RIVIÈRES — Un salon de coiffure de Trois-Rivières fait l’objet d’une poursuite civile de plus de 408 000 $ par une cliente qui allègue avoir été brûlée au cuir chevelu lors d’une teinture.

Caroline Blais, une infirmière du CIUSSS-MCQ, soutient en effet que le 26 mai 2015, son coiffeur habituel Rémi Cardin, d’Ode Salon styliste, lui aurait infligé des brûlures au 3e degré en lui administrant sa teinture au point où elle a dû être hospitalisée pendant plus de 40 jours à l’Unité des grands brûlés de l’hôpital Enfant-Jésus de Québec.

Selon ce qu’on peut lire dans la poursuite, Mme Blais s’est présentée à son rendez-vous et, comme à l’habitude, son coiffeur a appliqué les produits décolorants et de teinture sur sa tête pour lui faire la couleur souhaitée. Or, en cours d’exécution, le coiffeur a dû procéder à un nouveau mélange de teinture car la quantité initialement préparée était insuffisante pour finir le travail. C’est lors de l’application de ce second mélange que Mme Blais aurait subi des «dommages résultant exclusivement des fautes, incuries et négligences du salon et de son coiffeur de même que l’utilisation des produits appliqués et des réactions chimiques en résultant».

Alors qu’elle était sous le séchoir, elle a commencé à ressentir une douleur et une chaleur intense au niveau de la nuque et sur le cuir chevelu ce qui l’a poussée à se retirer du séchoir. Quelques minutes plus tard, comme elle ne sentait plus sa nuque et craignait de perdre connaissance, elle a demandé au coiffeur de lui retirer les papillotes d’aluminium et les produits de ses cheveux. Malgré tout, la douleur ne s’est pas estompée.

À l’urgence, on lui a ensuite diagnostiqué des brûlures au 3e degré et on lui a prescrit du Dilaudid. Dans les mois qui ont suivi, elle a rencontré des spécialistes et des plasticiens pour traiter ses brûlures et a subi plusieurs interventions et traitements chirurgicaux. La plaie a finalement été considérée comme guérie 17 mois après l’incident, soit le 24 octobre 2016. La plaignante allègue toutefois qu’elle doit vivre avec des séquelles permanentes.

Sur un plan physique, ses cheveux ne repousseront jamais à l’endroit de ses brûlures, ce qui l’obligera à porter toute sa vie des extensions capillaires et des prothèses. Ces dépenses, incluant les frais d’installation, les ajustements, le matériel et les shampoings capillaires, ont été évaluées à 145 532 $, et ce, sans compter l’achat d’une première prothèse capillaire au montant de 2132 $.

Elle soutient aussi qu’elle doit vivre avec une cicatrice à la cuisse gauche en raison d’une greffe capillaire et d’une atteinte irréversible d’un nerf du cuir chevelu des suites de ses brûlures.

Qui plus est, elle a été en arrêt de travail complet pendant 14 mois. Elle a pu reprendre le travail à temps plein à la mi-août 2016, mais elle serait malgré tout limitée dans ses activités professionnelles. Toujours selon elle, elle ne peut plus être exposée dans des milieux non climatisés et a dû refuser du temps supplémentaire. En perte de salaire, elle demande donc 83 324 $, sans compter le manque à gagner de 8276 $ puisqu’elle n’a pu accumuler suffisamment d’heures pour augmenter son échelon salarial.

Dans la poursuite, elle réclame aussi l’ensemble des frais de déplacement et des frais médicaux découlant de ses brûlures.

Au niveau psychologique, elle prétend avoir subi une atteinte à son intégrité physique et morale, ce qui inclut son apparence, des limitations de ses activités, du stress, des troubles du sommeil, de l’anxiété, des troubles de concentration, des céphalées et des nausées. Les dommages non pécuniaires sont évalués à 140 000 $.

Mme Blais exige ainsi la somme totale de 396 993 $. Son conjoint, Pierre-Luc Béland, réclame pour sa part une somme de 11 229 $ pour ses frais de déplacement, de stationnement, de repas et la perte de salaire pour les congés qu’il a dû prendre pour accompagner Mme Blais dans ses différents rendez-vous. La poursuite totale qui vise Ode Salon styliste, le coiffeur Rémi Cardin et la compagnie d’assurances est donc de 408 222,79 $.

La propriétaire du salon de coiffure, Caroline Béland, n’a pas voulu commenter la poursuite. Elle a tout au plus rappelé qu’elle était elle-même en attente d’informations en provenance des avocats et assureurs.