Roger Jr Michaud réclame 300 000 $ pour dommages et intérêts au Centre de détention de Sherbrooke et à deux membres de son personnel après avoir été violemment agressé par des codétenus en décembre 2014.

Poursuite contre le Centre de détention de Sherbrooke

Après avoir été violemment agressé par des codétenus, un ex-détenu réclame 300 000 $ pour dommages et intérêts au Centre de détention de Sherbrooke et à deux membres de son personnel.

Roger Jr Michaud a récemment déposé une demande introductive d’instance en dommages et intérêts à la Cour supérieure. L’ex-détenu prétend avoir demandé à un agent des services correctionnels puis à un chef d’unité du Centre de détention de Sherbrooke d’être transféré dans un autre secteur de la prison après avoir reçu des menaces d’un de ses codétenus.

Le plaignant raconte que le codétenu a ordonné, le 15 décembre 2014 vers 11 h, à l’agent des services correctionnels de le « sortir » du secteur et lui a signalé que M. Michaud se ferait « passer » (battre).

À 12 h 30, M. Michaud aurait demandé à l’agent puis au chef d’unité de se faire changer de secteur, mais se serait fait envoyer promener par les deux membres du personnel. Le plaignant évoque que le Centre de détention de Sherbrooke, son directeur ou sa directrice et les deux membres du personnel impliqués n’ont pas respecté leur obligation de le protéger sachant que sa sécurité était menacée.

Vers 16 h le même jour, les menaces ont été mises à exécution et M. Michaud a été attaqué violemment par le codétenu qui l’avait menacé plus tôt. Retrouvé inconscient sur le plancher de sa cellule, M. Michaud a été transporté en ambulance au CHUS de Fleurimont et ensuite à l’Hôtel-Dieu pour soigner ses blessures.

Lui-même accusé

M. Michaud a porté plainte pour négligence criminelle à la Sûreté du Québec (SQ) contre l’agent et le chef d’unité le 18 décembre 2014.

Les deux membres du personnel impliqués auraient dit aux enquêteurs de la SQ avoir offert de la protection à M. Michaud et que ce dernier aurait refusé. Le plaignant réfute ces faits et souligne, dans le document déposé en cour, qu’aucun formulaire de Refus de protection n’a été fourni en preuve par les employés du Centre de détention.

À son retour en prison, lors de son audience devant le Comité de discipline, M. Michaud apprend que c’est lui qui est accusé d’avoir agressé son codétenu. Il est finalement acquitté après qu’il ait suggéré au comité de vérifier les faits à l’aide des caméras de surveillance.

Après avoir porté plainte à la SQ, M. Michaud est transféré dans un secteur de protection contre son gré. Selon ses dires, il s’agirait d’une vengeance des membres du personnel du Centre de détention puisque ce transfert engendre la perte de nombreux privilèges.

L’agent et le chef d’unité auraient également « obligé » l’agresseur à faire une fausse déclaration voulant que M. Michaud l’eût agressé.

Pour toutes ces raisons, M. Michaud réclame la somme de 300 000 $ avec intérêt au taux légal, plus l’indemnité additionnelle prévue par l’article 1619 du Code civil du Québec.

M. Michaud se représente lui-même dans ce dossier. Compte tenu des démarches judiciaires en cours, le ministère de la Sécurité publique a indiqué qu’il ne fera aucun commentaire à ce sujet.