Pour un mois, Francis et Eva ont la chance de vivre une expérience enrichissante en cohabitant avec des poules sur leur terrain.

Poules à louer

CHRONIQUE / Depuis 2017, Jeremy Dagenais vend des œufs. Installé tout près de Mirabel, sur le site de l’écurie familiale, il prend soin des 75 poules rousses en liberté de son entreprise 12 Oeufs .

Remarquant un engouement pour les poules urbaines, et une importante vague d’abandons, au printemps 2019 il ajoute un nouveau service.

« Je loue mes poules, toutes équipées, avec le poulailler, la nourriture, la ripe et un guide pour les soins. Ensuite, je reprends mes poules », explique l’entrepreneur de 17 ans.

Ainsi, les gens peuvent vérifier s’ils ont le mode de vie pour prendre soin de cet animal. Soucieux du bien-être des animaux, et sachant que la poule vit en groupe, le propriétaire de l’entreprise 12 Oeufs place toujours ses poules en groupe de deux.

De mai à septembre, six familles ont réservé des poules via 12oeufs.com pour une période d’un, trois ou cinq mois. « À la fin de leur forfait, les familles peuvent aussi acheter les poules et l’équipement », précise Jeremy.

Grâce à l’entreprise 12 Oeufs, Dominique Riverin a loué des poules pour un mois afin de voir si ces animaux correspondent à son mode de vie.

Quand vient le temps de livrer les poulettes, le jeune homme peut compter sur l’aide de sa famille. « Mon frère ou ma mère m’aident lors de la livraison parce qu’il faut être deux pour débarquer le poulailler du camion. »

Jeremy étudie en administration, dans l’optique de devenir économiste. « L’entrepreneuriat m’attire aussi et j’ai beaucoup de support pour le faire », souligne-t-il. En effet, il a grandi entouré d’une famille d’entrepreneurs, dont sa mère qui a un centre équestre et son grand-père, qui est dans le transport de chevaux.

C’est en cherchant un travail étudiant, qui allait convenir à son horaire, que Jeremy a eu l’idée de démarrer son entreprise il y a deux ans.

Il a construit son poulailler avec l’aide de son grand-père. Les 75 volailles vivent en liberté et ont accès à un vaste enclos extérieur.

Expérience

Depuis le 6 mai dernier, et jusqu’au 6 juin prochain, Dominique Riverin a accueilli deux poules de l’entreprise 12 Oeufs sur son terrain. « Dès le lendemain, elles ont pondu chacune un œuf », annonce Dominique. « Ça signifie sûrement qu’elles se sont bien adaptées. »

Jeremy Dagenais de l’entreprise 12 Oeufs.

La maman de deux enfants, qui habite à Blainville, mijotait depuis longtemps l’idée d’avoir des poules. « J’achète déjà mes œufs chez Jeremy, parce que ma jument pensionne aux Écuries Chanie, où se trouve l’entreprise 12 Oeufs. Je vois une différence dans la qualité », mentionne Dominique.

Comme elle adore les animaux, la jeune femme hésitait à se lancer dans cette expérience vu son manque de connaissances. L’option de louer des poules répondait parfaitement à ses besoins. « C’est un peu comme avoir un cheval en demi-pension. C’est ce que j’ai fait pendant un an et demi avant d’adopter ma jument en 2012 », ajoute-t-elle.

Native du Saguenay, Dominique retourne régulièrement dans sa région natale.

« Amener mes poules avec moi au Saguenay, c’est pas trop réaliste. Ça demande donc une certaine organisation », réfléchit-elle.

Pas pour tout le monde

En effet, vivre avec des poules n’est pas un mode de vie adapté pour tout le monde. C’est un animal de ferme qui demande une certaine sédentarité de la part des humains, ou une collaboration des voisins.

En 2017, Jeremy Dagenais se lançait dans une aventure entrepreneuriale en construisant un poulailler avec son grand-père André Charbonneau.

Selon Dominique, le service offert par Jeremy permet d’éviter la négligence puisque le propriétaire des poules assure toujours les soins nécessaires.

« Je ne crois pas que j’aimerais entretenir des poules à l’année. Sans cette expérience, j’aurais pu faire partie des gens qui se tannent au bout de quelques mois. »

Les poules Cannelle et Amélie, baptisées ainsi par la petite Eva, pondent un œuf chacune, quotidiennement. Au bout du compte, la famille aura bénéficié d’une soixantaine d’œufs pour un investissement d’une centaine de dollars. Le plus précieux, pour Dominique Riverin et Jonathan Lukca, c’est d’avoir fait vivre une expérience inoubliable à leurs enfants Francis et Eva.