Lors du lancement de la 30e campagne de sécurité en transport scolaire, présentée ici par la mascotte Bubusse et le jeune porte-parole Mathis, le ministre des Transports André Fortin s’est dit ouvert à installer des caméras photo radar sur les bras d’arrêt de certains autobus scolaires.

Porte ouverte aux caméras sur autobus

Le ministre des Transports André Fortin a ouvert la porte mardi à la possibilité d’installer des caméras radar photo sur les autobus scolaires afin de sanctionner les conducteurs qui omettent de s’arrêter quand les feux clignotants sont en fonction.

«D’entrée de jeu, je suis tout à fait favorable à l’idée. Il y a déjà eu un projet pilote à Ottawa et le président de la Fédération des commissions scolaires m’en a parlé lui aussi», a déclaré le ministre en marge de la conférence de presse de lancement de la 30e campagne de sécurité en transport scolaire de la Fédération des transporteurs par autobus.

En 2015, un projet pilote avait autorisé Ottawa à installer des caméras sur les bras d’arrêt de certains autobus scolaires. L’initiative avait permis de constater qu’il y avait en moyenne cinq infractions par jour pour chaque trajet d’autobus.

En raison des résultats du projet pilote, la capitale fédérale a annoncé en novembre que six caméras, vendues entre 16 000 $ et 18 000 $ chacune, seraient dorénavant installées en permanence sur des autobus scolaires.

Peu de contraventions

Luc Lafrance, président-directeur général de la Fédération des transporteurs par autobus, concède que le nombre d’infractions à la loi est actuellement largement supérieur à la quantité de contraventions remises par les policiers.

«Selon les chiffres de la Société de l’assurance-automobile du Québec, il se donne chaque année à peine 1000 contraventions pour ne pas avoir respecté les feux clignotants au Québec, tout ça pour 10 000 autobus scolaires qui transportent plus d’un demi-million d’écoliers et qui font en moyenne 20 millions de kilomètres par jour. C’est très peu!» a-t-il déclaré.

M. Lafrance a ajouté qu’il avait été mis au courant que les fabricants de ces caméras avaient fait une demande au gouvernement du Québec pour obtenir un projet pilote semblable à celui tenté à Ottawa en 2015.

Bilan routier

Le ministre Fortin a concédé que le bilan routier s’était beaucoup amélioré pour les autobus scolaires au Québec. «Mais même si le bilan s’est amélioré, un seul accident peut mener à une fin tragique», a-t-il mis en garde.

Selon le ministre, le dernier cas d’un élève décédé à l’intérieur d’un autobus impliqué dans un accident de la route remonterait à 1986 alors que M. Lafrance a affirmé qu’en 2006, un autre accident avait impliqué une élève qui venait de sortir de l’autobus.

Vérification faite cependant, le 27 novembre, une adolescente de 17 ans est décédée après avoir été heurtée par un autobus scolaire à Saint-Eustache et le 14 septembre, une cycliste de 61 ans a trouvé la mort à Montréal après avoir été elle aussi frappée par un des fameux véhicules jaunes. En 2011, une collision entre une fourgonnette et un autobus d’écoliers a fait quatre morts et quatre blessés graves à Sainte-Geneviève-de-Berthier, dans Lanaudière.

Selon la Société de l’assurance-automobile, 292 personnes ont subi des blessures dans des accidents impliquant des autobus scolaires en 2016, 29 de moins qu’en 2015. Parmi celles-ci, 276 ont été blessées légèrement et 11 gravement. Cinq adultes, soit un occupant un autobus scolaire et quatre occupant un autre véhicule, sont décédés. Notons que ces données couvrent les accidents liés au transport scolaire au sens large et l’autobus n’était pas nécessairement impliqué dans l’accident.