Nathalie Provost et Heidi Rathjen du groupe PolySeSouvient

PolySeSouvient demande au ministre Blair de concrétiser la promesse sur les armes

OTTAWA — Un groupe prônant un contrôle strict des armes à feu demande au gouvernement libéral d’imposer immédiatement un moratoire sur les nouvelles ventes d’armes à feu dites d’assaut, ainsi que d’interdire de manière permanente l’importation et la fabrication d’armes de poing.

Dans une lettre adressée lundi à Bill Blair, le nouveau ministre fédéral de la Sécurité publique, PolySeSouvient a réclamé la concrétisation de la promesse électorale des libéraux d’interdire les fusils d’assaut de style militaire et de réprimer les armes de poing.

PolySeSouvient regroupe des étudiants et des diplômés de l’École Polytechnique de Montréal, où 14 femmes ont été abattues il y a près de 30 ans, le 6 décembre 1989.

La lettre, mise à la disposition de La Presse canadienne, était signée par Heidi Rathjen, coordonnatrice de PolySeSouvient et diplômée de l’école d’ingénierie, et par la porte-parole du groupe, Nathalie Provost, blessée lors de la fusillade de 1989.

Elle a été envoyée au nom de plusieurs proches des victimes du massacre de Polytechnique et d’une fusillade mortelle en 2006 au Collège Dawson, à Montréal, du père de l’agent de police assassiné Thierry LeRoux et du président de la mosquée du Québec, où six personnes ont été tuées par balle en 2017.

Scott Bardsley, un porte-parole de M. Blair, a déclaré que le ministre avait reçu la lettre et se faisait un devoir d’en examiner le contenu, tout en saluant le soutien du groupe à la promesse du gouvernement d’interdire les fusils d’assaut de type militaire.

Les libéraux nouvellement réélus ont fait campagne pour l’interdiction de telles armes à feu, y compris la populaire AR-15, affirmant que les armes à feu conçues pour faire de nombreuses victimes humaines n’ont pas leur place au Canada.

Ils ont déclaré que les propriétaires d’armes à feu achetées légalement et tombant sous le coup de l’interdiction se verraient proposer des prix équitables sur le marché grâce à un programme de rachat.

Le modèle de la Nouvelle-Zélande

PolySeSouvient applaudit ces promesses et se dit particulièrement impatient de l’interdiction de la carabine Ruger Mini-14, utilisée lors de la fusillade de 1989.

«Un moratoire immédiat sur la vente des armes d’assaut serait tout à fait cohérent avec les promesses électorales de votre parti, indique la lettre. Pourquoi en permettre la vente libre si elles doivent être interdites et rachetées dans un futur rapproché?»

Le groupe a souligné la hâte d’acheter des AR-15 plus tôt cette année à la suite d’informations selon lesquelles l’arme à feu serait déclarée illégale.

Il n’existe pas de définition claire des armes à feu de type assaut ou militaire au Canada. PolySeSouvient souhaite suivre le modèle récemment adopté par la Nouvelle-Zélande, qui interdit essentiellement les armes à feu semi-automatiques, à quelques exceptions près. Cependant, le groupe souhaite que les chargeurs soient limités à cinq balles, par opposition au plafond néo-zélandais de 10.

Les armes de poing

Environ 900 000 armes de poing sont enregistrées auprès de particuliers au Canada, dont la plupart sont des tireurs sportifs ou des collectionneurs.

De nombreuses armes de poing et d’autres armes à feu utilisées dans des crimes violents sont volées à des particuliers ou à des entreprises qui respectent la loi, ou achetées légalement puis détournées vers le marché illicite, selon le gouvernement.

Les libéraux ont promis de collaborer avec les provinces et les territoires pour donner aux municipalités la possibilité de restreindre davantage ou d’interdire les armes de poing.

PolySeSouvient fait pression pour une interdiction nationale des armes de poing, arguant que les interdictions locales sont généralement inefficaces, comme le montre «la mosaïque désastreuse de lois locales et étatiques» aux États-Unis.