Pierre Bouchard voit beaucoup de similitudes entre le métier d’entraîneur et celui de préposé aux bénéficiaires. — courtoisie
Pierre Bouchard voit beaucoup de similitudes entre le métier d’entraîneur et celui de préposé aux bénéficiaires. — courtoisie

Pierre Bouchard: d’entraîneur de boxe à préposé aux bénéficiaires

L’entraîneur de boxe jonquiérois Pierre Bouchard a profité de la pandémie pour orchestrer un changement de carrière en devenant préposé aux bénéficiaires. Il reste toutefois fortement attaché à ses premières amours du ring.

Entraîneur à temps plein au Centre Claude-Robillard, en compagnie de Stéphan Larouche, tant auprès des boxeurs professionnels qu’amateurs et que pour des entraînements privés, Pierre Bouchard s’est retrouvé dans le néant du jour au lendemain. Constatant la situation difficile dans les CHSLD, il a donc décidé d’aller prêter main-forte à celui de L’Assomption, dans Lanaudière. « Le club était complètement arrêté. On est assez stricts au niveau de la réglementation. Un moment donné, au lieu de rester chez moi à ne rien faire, j’ai vu passer l’annonce et je me suis dit pourquoi pas », relate-t-il en entrevue téléphonique. 

Même s’il ne possédait aucune base dans le domaine, il a suivi une formation de quatre heures avant d’être plongé dans le milieu. 

Quelques semaines plus tard, des responsables lui ont proposé de suivre une formation plus poussée accélérée à l’interne, ce qui lui permettrait de devenir officiellement préposé aux bénéficiaires. C’est ce qu’il a fait et il se retrouve présentement en probation. Avec cette formation, il est rattaché uniquement au CIUSSS de Lanaudière, ce qui lui convient parfaitement pour le moment. « C’est un cheminement vraiment atypique. Sans prétention, ils ont peut-être vu mes aptitudes. Ils l’ont offert à quelques personnes », souligne Pierre Bouchard, assurant n’avoir eu aucun problème à s’adapter, même si la situation était « rock’n’roll » au départ.

« C’est con à dire, mais ce n’est pas si loin de ce que je fais en boxe. C’est un sport très physique et souvent, on n’a pas peur de toucher aux gens et il y a des coupures. Ce ne sont pas des choses qui nous dérangent. L’approche auprès des gens, ça demeure de la psychologie à plusieurs niveaux, ou la lecture du non verbal. Ce n’est pas si loin de l’entraîneur de boxe, même si, au départ, les gens font un saut quand je dis c’est quoi mon métier », raconte-t-il en riant. 

Avenir

Les activités ont recommencé tranquillement dans les clubs de boxe de la province. Il est maintenant possible pour les boxeurs de faire de la mitaine avec leur entraîneur, qui doit porter masque et visière. 

Même s’il avoue ne pas avoir beaucoup de plaisir au gymnase présentement, avec toutes les mesures mises en place, Pierre Bouchard a l’intention de continuer à faire partie du petit monde de la boxe. « On va voir ce que l’avenir va nous apporter. Théoriquement, je veux encore être dans le coin de mes protégés, mais je vais devoir gérer des absences. Je ne sais pas quelle ouverture ils vont avoir, mais je vais prendre ça une étape à la fois, avance Pierre Bouchard. Ça peut peut-être m’amener une certaine sécurité. La boxe de haut niveau, ce sont des montagnes russes, avec de bonnes années et d’autres plus difficiles. Si je peux marier les deux, c’est mon objectif. »