La Ville de Louiseville a accepté d’afficher les photos de personnes disparues sur son babillard électronique. On voit sur la photo, le maire Yvon Deshaies.

Photos de personnes disparues à Louiseville: «C’est pour éveiller les gens»

Louiseville — À la demande de l’organisme Meurtres et disparitions irrésolus du Québec (MDIQ), la Ville de Louiseville a accepté de diffuser sur son babillard électronique la photo de trois personnes disparues dans la région.

Un message qui, espère le maire, pourra faire une différence. «C’est pour éveiller les gens. On oublie après un certain temps. La vie passe, on n’y pense plus. Dans la région, on a plusieurs disparus. C’est important de se rappeler d’eux, et d’espérer qu’on va finir par savoir ce qui s’est passé», souligne Yvon Deshaies, maire de Louiseville.

Les noms de Mélissa Blais, Philippe Lajoie et Sébastien Dupuis, disparus respectivement en 2017, 2007 et 2005, à Louiseville, Yamachiche et Saint-Paulin, sont diffusés depuis lundi matin, et le seront pendant une période de dix jours. La Ville n’exclut pas d’autres collaborations du genre avec MDIQ.

«Quand l’organisme a été créé en 2017, ça faisait partie de ses missions de donner de la visibilité aux victimes de meurtres et de disparitions qui sont toujours irrésolus», explique Stéphane Luce, président de MDIQ. Cela a été fait sur son site web ainsi que sur des semi-remorques à l’aide d’imposantes affiches. Les babillards électroniques étaient le troisième support qu’il souhaitait utiliser. M. Luce a participé à la marche pour Mélissa Blais, en novembre dernier. 

En voyant le babillard électronique de la ville de Louiseville, il a eu l’idée de la contacter. Elle a accepté avec enthousiasme, souligne-t-il. C’est la première ville du Québec à le faire, selon lui. «J’invite les autres villes qui ont des babillards électroniques à faire de même ou les commerçants qui en possèdent», mentionne M. Luce. «Du visionnement, quelques minutes par jour, pendant quelques jours, quelques fois par année, serait une excellente façon de contribuer à l’obtention potentielle d’informations et aider à résoudre des disparitions et meurtres irrésolus», ajoute l’organisme à but non lucratif sur sa page Facebook.

M. Luce précise que MDIQ veut ainsi rappeler à la population «à quel point il est insoutenable pour les familles de vivre dans le mystère total, sans jamais savoir ce qui est arrivé à l’être cher». Il invite ceux «qui possèdent de l’information, aussi minime soit-elle, de parler». L’homme de 52 ans est lui-même le fils d’une victime d’un meurtre non résolu, survenu à Longueuil, en 1981.

Sans présumer de la destinée des personnes disparues de la région, en tant que frère d’une femme assassinée, M. Deshaies est particulièrement touché par leur histoire. «Depuis que ma soeur a été assassinée, il y a trois ans, je suis plus sensible à ces causes. Je peux vous dire que je le vis. On vit notre deuil. Mais si on n’avait jamais su ce qui s’était passé, ça aurait été très, très dur.»

Ce message d’intérêt public pourrait délier des langues et permettre de résoudre un de ces dossiers, espère M. Deshaies. «Si on trouve Mélissa Blais et les autres disparus un jour, tant mieux. On est content de participer. C’est important pour nous.»

PLONGEURS POUR MÉLISSA BLAIS

Rappelons que Meurtres et disparitions irrésolus du Québec (MDIQ) avait annoncé, en décembre, son intention d’entreprendre de nouvelles recherches, au printemps, grâce à des plongeurs bénévoles. Le projet est toujours sur la table. M. Luce espère en discuter avec la Sûreté du Québec au cours de l’hiver. «C’est sûr que c’est un projet qui va aller de l’avant», assure-t-il.

Mélissa Blais

Mélissa Blais

Mélissa Blais, 34 ans, a été vue pour la dernière fois au bar Les 2 dés, vers 2 h 10, dans la nuit du 1er au 2 novembre, sur l’avenue Saint-Laurent, à Louiseville.

Son véhicule n’a pas été retrouvé non plus. Il s’agit d’une voiture de marque Toyota, modèle Corolla, année 2011 de couleur noire, quatre portes, immatriculée : Y70 FAD (Québec).

Philippe Lajoie

Philippe Lajoie

Le 14 février 2007, le jeune homme de 23 ans a quitté sa résidence de Saint-Didace pour se rendre à la porcherie familiale située au 551, chemin de la Petite-Rivière Nord, à Yamachiche. Sa camionnette a été trouvée tout juste à côté du bâtiment, la porte arrière ouverte et la clé dans le contact. Une tempête de neige a effacé, ce soir-là, toutes les traces du drame qui a mené à cette mystérieuse disparition.

Sébastien Dupuis

Sébastien Dupuis

Sébastien Dupuis, 24 ans, a quitté sa résidence de Saint-Paulin, le 15 août 2005, vers 23 h, pour faire une randonnée en vélo en direction de Saint-Alexis-des-Monts, sur la route 349. Il n’a pas été revu depuis.

Source: Sûreté du Québec et Le Nouvelliste