Le premier ministre Couillard croit que Gaétan Barrette arrivera à des résultats avec les infirmières, parce qu’il «connaît excessivement bien le dossier.»

Philippe Couillard fait toujours confiance à Gaétan Barrette

La crise de l’épuisement qui secoue le milieu infirmier a monopolisé les échanges lors de la rentrée parlementaire à Québec mardi. Au cœur de la tempête, le premier ministre Philippe Couillard a réitéré sa confiance en son ministre de la Santé Gaétan Barrette.

«Il a fait beaucoup de choses positives M. Barrette pour le réseau de la santé», a soutenu M. Couillard en point de presse, avant de louer sa «force de caractère importante». Le premier ministre ne prévoit «aucun changement» au poste de ministre de la Santé.

M. Couillard croit que M. Barrette arrivera à des résultats avec les infirmières, parce qu’il «connaît excessivement bien le dossier.»

En matinée mardi, un sondage Ipsos-La Presse révélait que 70 % des répondants jugent que le système de santé s’est détérioré depuis trois ans. Le style «intransigeant et arrogant» du ministre Barrette y était aussi décrié. «Les ministres de la Santé restent jamais populaires bien longtemps. Pourquoi? C’est un domaine qui est tellement chargé d’émotions», a relativisé M. Couillard. 

Amir Khadir, député de Québec solidaire, avait attaqué plus tôt en journée le leadership libéral en santé. «Le véritable responsable de la situation qu’on vit actuellement dans les hôpitaux, et la situation vécue par les infirmières, leur détresse, leur épuisement, leur cri du cœur, c’est Philippe Couillard qui a choisi Gaétan Barrette.»

La députée du Parti québécois (PQ) Diane Lamarre croit quant à elle qu’il est «trop tard», en fin de mandat, pour remplacer Gaétan Barrette à la tête du ministère de la Santé. «Le mal est fait», déplore-t-elle. 

Avant les élections

Le ministre Barrette a quant à lui voulu se montrer compréhensif mardi, en s’engageant à revoir les ratios de patients dont les infirmières doivent s’occuper avant les prochaines élections. «Je suis convaincu qu’on aura fait des travaux et qu’on aura tiré des conclusions d’ici l’élection. Du moins, on sera très près», a-t-il soutenu. 

Toute la journée, le gouvernement libéral a fait l’objet de tirs groupés de l’opposition dans ce dossier. Le chef du PQ Jean-François Lisée a réclamé que les ratios de patients soient revus rapidement et qu’un fonds d’urgence soit créé pour que les directeurs d’hôpitaux puissent afficher les postes d’infirmières à pouvoir. «On est en situation de crise. On doit réagir immédiatement», a-t-il soutenu. 

«C’est pas simplement une question d’argent, c’est une question d’organisation», a répliqué le ministre Barrette. Le premier ministre Couillard a quant à lui appelé à aller «plus loin dans la réflexion», en incluant la pénurie de préposés aux bénéficiaires dans l’équation, ce qui peut surcharger les infirmières.

Le député François Paradis, de la Coalition avenir Québec (CAQ), a quant à lui sorti des chiffres du Conseil du Trésor à la période de questions. Selon lui, en heures travaillées, il y a 1128 infirmières de moins en 2016-2017 qu’en 2014-2015. Ce qui expliquerait l’épuisement de plusieurs d’entre elles. 

Le PQ a déposé une motion pour que l’Assemblée nationale dénonce la surcharge de travail des infirmières, des infirmières auxiliaires et des préposés aux bénéficiaires. Cette motion réclamait du gouvernement «l’ajout immédiat d’effectifs pour régler cette crise», mais le gouvernement n’a pas accepté d’en débattre.