Patrick Roy, dont le retour comme dg et entraîneur-chef des Remparts a été confirmé jeudi, a dit avoir simplement suivi son cœur lorsqu'il a accepté de reprendre ses anciennes fonctions.

Patrick Roy s'offre un «cadeau» en revenant avec les Remparts

Patrick Roy s’offre un «cadeau» en reprenant la barre des Remparts, l’équipe qu’il a dirigée de 2003 à 2013. Et comme pour les huit dernières années de cette période, il reprend à la fois les chapeaux de directeur général et d’entraîneur-chef.

«Tout ce que j’ai fait, c’est écouter mon cœur», a dit Roy, jeudi. «Je ne cherchais pas un emploi, mais avec le départ de Philippe Boucher, ç’a créé une opportunité. J’ai reçu un appel de Jacques [Tanguay] et il m’a dit : “Quand est-ce que tu t’en viens à Québec?”» a raconté l’ancien propriétaire des Diables rouges de 1997 à 2015, parlant de son ex-associé, toujours président de l’équipe.

La formation de la Ligue de hockey junior majeur du Québec a sorti l’artillerie lourde pour cette annonce. L’habituelle salle Marc-Simoneau aurait été trop exiguë pour accueillir toute la faune journalistique présente jeudi. On a donc tenu cette rencontre dans le hall d’entrée du Centre Vidéotron. Rarement vu autant de journalistes, de photographes et de caméramans réunis pour un même événement à Québec.

Tâter son propre pouls

La machine à rumeurs s’était enflammée quelques jours après le départ de Boucher, il y a deux semaines. Roy avait été aperçu dans des amphithéâtres de la LHJMQ en compagnie de membres de l’état-major des Remparts.

Il a expliqué jeudi avoir assisté à ces rencontres pour tâter son propre pouls, histoire de prendre une décision réfléchie. «J’avais besoin de temps pour aller dans les arénas, voir des matchs juniors. J’ai été très impressionné de voir la fierté des gens, de voir les gens dans leur aréna encourager leur équipe. Ça n’a pas été long que la passion est revenue», a affirmé le «33».

Jamais il n’a été question pour Roy de redevenir copropriétaire de l’équipe, assure le principal intéressé, vantant au passage le travail de Québecor à la tête de la franchise. Il a signé un contrat de deux ans, mais «je m’attends à être ici plus longtemps».

Roy ne voit pas son retour dans les rangs juniors comme un pas en arrière, après ses trois années passées derrière le banc de l’Avalanche du Colorado. «Je le fais par passion, parce que j’ai le goût d’être là. Quand je pèse les pour et les contre, je vois quasiment juste des côtés positifs.»

Arrivé avec l’équipe junior comme directeur général en 2003, l’ex-gardien du Canadien et de l’Avalanche a enfilé le chapeau d’entraîneur après les cinq premiers matchs de la saison 2005-2006. Quelques mois plus tard, il conduisait les Remparts à leur première — et toujours seule — Coupe Memorial depuis leur renaissance, en 1997.

Roy a quitté les Remparts pour prendre les rênes de l’Avalanche en mai 2013. Il a démissionné de son poste au Colorado en août 2016.

«Grande victoire»

Questionné sur son avenir, dans les derniers mois, il ne semblait jamais pressé d’effectuer un retour dans le hockey, assurant apprécier son temps de repos, passé en partie sur les allées de golf. «Je dois avouer que j’ai trouvé ça un peu long», a-t-il toutefois tempéré jeudi. «Honnêtement, j’étais tanné. Il y a des jours, je me retrouvais sur un terrain de golf et je me disais : “Qu’est-ce que je fais ici?”» a indiqué l’homme de hockey de 52 ans, trop jeune à son goût pour la retraite.

Jeudi, Jacques Tanguay a par ailleurs pris soin de remercier tous ceux qui avaient soumis leur candidature pour les postes laissés vacants par Boucher. L’entrée en scène de Roy a toutefois changé complètement la donne. «Malheureusement [pour les candidats], le jour où j’ai commencé à discuter avec Patrick, la balle était dans son camp. La minute où il m’a dit oui, le processus était terminé.

«Aujourd’hui, pour les Remparts de Québec, c’est une grande victoire», a aussi affirmé Tanguay.

+

ENCORE INTÉRESSÉ PAR LA LNH

«Absolument pas.» La réponse est venue sans hésitation. Et la question était de savoir s’il avait fermé la porte à la Ligue nationale.

Le retour de Patrick Roy dans le hockey ne fera qu’amplifier les rumeurs l’envoyant dans la LNH, rumeurs qui n’avaient jamais vraiment cessé, même si le principal intéressé assure n’avoir discuté avec aucune formation de la grande ligue depuis son départ fracassant de l’Avalanche du Colorado, en 2016.

Et au cœur des discussions, encore et toujours, le Canadien de Montréal, dont les ennuis cette saison n’ont rien fait pour éteindre le feu. Roy n’est pourtant pas du genre à attiser le brasier. «J’ai décidé d’appliquer comme gérant des Remparts et non pas comme gérant d’estrade», a-t-il dit en riant. «Je vais vous laisser faire ces spéculations-là», a-t-il ajouté à l’intention des journalistes qui l’entouraient pendant son impromptu de presse.

Malgré tout, l’ancien gardien-vedette du Tricolore a rappelé le resserrement de ses liens avec l’organisation montréalaise depuis le retrait de son numéro 33, en 2008. En 1995, il ne s’était pas fait d’amis chez la Sainte-Flanelle en demandant à être échangé pendant un match, souhait exaucé trois jours plus tard.

«Les gens connaissent mon attirance profonde envers le Canadien, savent à quel point j’aime le Canadien. Mais il y a des gens en place et l’organisation a confiance en eux», a-t-il souligné, répétant trois fois cette dernière phrase sans nommer Claude Julien et Marc Bergevin. 

LIRE AUSSI : RETOUR DE LA LNH : QUÉBECOR GARDE LE CAP

LIRE AUSSI : ROY DÉJÀ AU TRAVAIL